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Les travaux de la conférence de l'ONU sur le climat ont démarré ce lundi à Copenhague, devant 1.200 délégués représentant 192 pays. L'objectif : trouver un accord qui remplacera celui de Kyoto. Ce dernier, signé en 1997, prend fin en 2012.
L'espoir danois
Le Danemark, pays hôte de l'événement, souhaite convaincre les pays qui seront présents de s'engager sur une réduction des émissions globales de gaz à effet de serre de 50% d'ici à 2020 par rapport aux niveaux de 1990, et que cet effort soit supporté à 80% par les pays riches.
Au moins 110 chefs d'Etat et de gouvernement participeront à la conférence, a annoncé le Premier ministre danois, Lars Loekke Rasmussen. Il a estimé que cette présence reflétait "une mobilisation sans précédent". "Vous êtes, durant une courte période, dépositaires des espoirs [...] de l'humanité", a-t-il déclaré en ouverture des travaux.
A noter que le président américain Barack Obama sera présent lors de la clôture du sommet le 18 décembre, et non le 9 décembre, comme prévu initialement.
Les Européens, pas très chauds
Les pays européens se sont montrés réticents ce lundi quant à l'opportunité de revoir leurs promesses de réduction d'émissions de gaz à effet de serre, de 20% d'ici à 2020, à 30%.
L'Union européenne (UE) a décidé jusqu'ici de réduire de 20% ses émissions d'ici à 2020 par rapport aux niveaux de 1990, tout en indiquant être prêts à aller jusqu'à 30% à condition que "les autres pays développés s'engagent à atteindre des réductions comparables et que les pays en développement apportent une contribution". "A l'heure actuelle, [ces] conditions ne sont pas remplies", a déclaré le ministre polonais des Affaires européennes, Mikolaj Dowgielewicz.
La Suède (qui préside l'UE), les Pays-Bas et le Royaume-Uni y seraient pourtant plutôt favorables, a indiqué une source diplomatique européenne. "L'Allemagne et la France ont des réserves" tandis que d'autres pays, notamment ceux d'Europe centrale et orientale, y seraient opposés, a déclaré cette même source.
10 millions de signataires pour une pétition
Une pétition signée par 10 millions de personnes à travers le monde ret éclamant un accord ambitieux sur le climat d'ici au 18 décembre a été remis ce lundi aux organisateurs de la conférence de Copenhague par la campagne de mobilisation TckTckTck. La campagne TckTckTck - pour rappeler le tic-tac de l'horloge qui tourne - a été lancée par Greenpeace avec 226 organisations partenaires dans le monde.
Afrique du Sud : des efforts, sous condition
L'Afrique du Sud a proposé ce lundi de mettre en oeuvre des actions de prévention qui permettraient de limiter ses émissions de gaz, dont la hausse serait ainsi inférieure d'environ 34% d'ici à 2020 et d'environ 42% d'ici à 2025 par rapport aux prévisions actuelles. Mais cette offre n'est valable qu'avec "l'aide de la communauté internationale, en particulier dans les domaines financier, technologique et de transfert de savoir-faire", a prévenu la première puissance économique du contient africain.
L'Afrique du Sud, dont les émissions per capita équivalent à celles de l'Allemagne, n'est pas légalement tenue de s'engager à réduire ses émissions par le Protocole de Kyoto. Confrontée à une importante crise énergétique, elle construit actuellement sa plus grande usine à charbon.
Par ailleurs, selon l'agence gouvernementale sud-africaine sur le climat (DEAT), le Mondial 2010 de football, prévu dans le pays, sera neuf fois plus polluant que la compétition précédente en 2006 en Allemagne. La grande majorité de cette empreinte écologique (85%) sera liée aux transports aériens utilisées par les supporters pour se rendre en Afrique du Sud, mais aussi pour se déplacer entre les différentes villes du pays.
"Climategate" ou les climatologues victimes de pirates du Net
Au centre des préoccupations des organisateurs de la conférence de Copenhague ce lundi : le "climategate" ou l'affaire des courriels piratés de scientifiques et climatologues. Le piratage de milliers de courriels de chercheurs collaborant avec le prestigieux Centre de recherches sur le climat (CRU) de l'université britannique d'East Anglia, publiés le mois dernier sur Internet, a été utilisé par les sceptiques du réchauffement pour mettre en cause certaines mesures des changements en cours.
Cet incident "prouve que certains sont prêts à verser dans l'illégalité, peut-être pour discréditer le Giec" (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat)" a indiqué le scientifique et président du groupe, l'Indien Rajendra Pachauri. Le Giec, mandaté par l'ONU, a pour mission d'éclairer la décision politique en matière de lutte contre le changement climatique. Son quatrième et dernier rapport a été publié en 2007.
"Notre panel dispose d'un historique d'évaluations transparentes et objectives sur plus de 21 ans, établies par des dizaines de milliers de scientifiques dédiés, de tous les coins de la planète", a rappelé Rajendra Pachauri.
Retrouvez également nos blogs sur la Conférence de Copenhague : le premier réalisé par les journalistes de La Tribune et le second par les acteurs eux-mêmes de l'événement.
latribune.fr
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