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http://www.latribune.fr/green-business/sommet-de-copenhague/20091209trib000451293/copenhague-le-coup-de-sang-des-pays-en-developpement.html

A son troisième jour, la conférence sur le climat de Copenhague s'est efforcée d'aller de l'avant après le coup de sang des pays en développement, mis en rage par un projet d'accord final circulant dans les couloirs de la conférence.
"Les tactiques de négociations en coulisses sous la présidence danoise se sont centrées sur la volonté de complaire aux pays riches et puissants, plutôt que de servir la majorité des Etats qui réclament une solution équitable et ambitieuse", s'est énervé Kim Carstensen, du WWF.
"Nous n'accepterons pas un accord qui condamne 80% de la population mondiale à plus de souffrance et d'injustice", a tonné le délégué soudanais Lumumba Stanislas Dia-Ping, dont le pays préside la coalition du G-77 (130 pays en développement).
Comme attendu, l'aide à l'adaptation des pays en développement au réchauffement climatique sera donc le point dur des négociations. Les seules promesses claires à ce stade concernent le déblocage immédiat d'environ 10 milliards de dollars par an dès l'an prochain et sur trois ans.
"Les pays riches sont capables de sortir 1.100 milliards pour sauver le système financier en trois semaines? Ils nous lâchent 10 milliards. Une aumône. Et encore, si on la voit", a déclaré Lumumba Stanislas Dia-Ping.
Les pays industrialisé n'ont pas réellement précisé le montant de leur future contribution aux pays en développement, alors que les politiques d'adaptation au changement climatique des pays les plus pauvres sont évaluées à plus de 50 milliards de dollars par an d'ici 2050.
Le conseil européen jeudi et vendredi à Bruxelles pourrait éventuellement clarifier les intentions de l'Union européenne. Les dirigeants européens devraient tenter de s'entendre sur une aide immédiate de 2 milliards d'euros (3 milliards de dollars environ) par an aux pays pauvres. Toutefois, l'Union européenne n'a aucune intention d'avancer seule, sans les Etats-Unis notamment.
Par ailleurs, ce mercredi, la Suède a annoncé qu'elle contribuerait à hauteur de 8 milliards de couronnes (765 millions d'euros) à cet effort de l'UE. L'aide sera versée sur la période 2010-2012, a précisé une porte-parole du Premier ministre Fredrik Reinfeldt, dont le pays assure la présidence de l'Union. C'est le seul pays à avoir chiffré publiquement sa participation, avec la Grande-Bretagne, qui a annoncé une aide de 800 millions de livres, soit environ 300 millions d'euros sur trois ans.
L'agriculture, grande oubliée de la conférence ?
Dans l'actualité de la conférence de Copenhague ce mercredi, Jacques Diouf, le directeur général de la FAO, l'organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation, a déploré que la conférence néglige la dimension agricole. "Grosso modo, 31% des émissions de gaz à effet de serre [GES] proviennent du secteur agricole", a-t-il expliqué.
Pour certains scientifiques, les émissions de GES provenant de l'élevage ont été sous-estimées et pourraient être responsables de la moitié de toutes les émissions, ce qui pose notamment la question de la baisse de consommation en viande des pays riches.
L'agriculture constitue aussi une importante source d'émissions de GES parce qu'elle participe à la déforestation. Copenhague devrait au moins accoucher des grandes lignes d'un accord d'indemnisation des pays qui ralentissent le processus de déforestation.
" Je souhaiterais aussi que l'agriculture durable bénéficie de mesures incitatives", a fait valoir Jacques Diouf.
L'actuel protocole de Kyoto, qui expire en 2012, n'oblige en rien les pays riches signataires à réduire leurs émissions de GES dans le secteur agricole.
Les entreprises françaises et brésiliennes sur le pont
Dans un autre registre, un groupe de 25 grandes entreprises françaises et brésiliennes, créé dans le cadre d'un partenariat stratégique qui lie les deux pays depuis décembre 2008, a annoncé qu'il s'engageait à "développer des partenariats industriels orientés sur la réduction à effet de serre" (GES).
Ces partenariats miseront essentiellement sur la lutte contre la déforestation ("principale source des GES au Brésil), le développement de processus de production plus propres, le développement de sources d'énergies renouvelables et la "poursuite de coopérations" dans le "nucléaire civil, les transports durables et l'hydraulique".
Cette initiative entend "prolonger" la position des deux pays face au réchauffement climatique, qui, sur l'impulsion de leurs présidents, Nicolas Sarkozy et Luis Inacio Lula da Silva, ont signé le 14 novembre un texte commun de propositions.
Sarah Palin exhorte Barack Obama à boycotter la conférence
Enfin, cette journée de mercredi a vu l'ex-candidate à la vice-présidence des Etats-Unis, Sarah Palin, exhorter le président Barack Obama, qui doit se rencre à Copenhague le 18 décembre, à... boycotter l'événement.
"Ce qu'Obama espère vraiment ramener de Copenhague, c'est plus de pression pour faire voter la proposition de loi des démocrates sur la réglementation des gaz à effet de serre. C'est une stratégie politique", a-t-elle affirmé.
La Chambre des représentants a adopté en juin un projet de loi démocrate qui prévoit de réduire les émissions de CO2 aux Etats-Unis de 17% d'ici à 2020 par rapport à 2005. Un texte similaire déposé au Sénat prévoit une baisse de 20% de ces émissions, mais ne devrait pas être adopté avant 2010.
"La dernière chose dont l'Amérique a besoin c'est d'une législation malveillante qui va augmenter les taxes et faire du mal à l'emploi", a affirmé Sarah Palin.
latribune.fr
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