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http://www.latribune.fr/green-business/sommet-de-copenhague/20091210trib000451681/climat-nicolas-sarkozy-annonce-des-objectifs-ambitieux-pour-la-france.html

Nicolas Sarkozy a annoncé ce jeudi que la France se fixait désormais l'objectif de réduire de 30% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici à 2020, indépendamment d'un accord international à la conférence de Copenhague.
Cette décision, rendue publique par des ONG (organisations non gouvernementales) reçues à l'Elysée avant le Conseil européen, signifierait que la France irait au-delà des engagements pris par l'Union européenne (UE).
Le Paquet Energie-Climat, adopté par l'UE en décembre 2008, prévoit en effet une obligation de baisser ces émissions de 20% d'ici à 2020 et mentionne un objectif de 30% en cas d'accord international sur le climat.
"Le président est sur la crête pour les plus gros engagements possibles, pour aller vers les 30% le plus vite possible", a confirmé le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, à l'issue de la rencontre à l'Elysée.
Pour Sandrine Mathy, présidente du Réseau Action Climat (RAC), il s'agit d'"une vraie progression". Le chef de l'Etat aurait de plus affirmé, selon elle, que cet objectif serait atteint par des réductions à domicile, et non par un recours massif au marché carbone, c'est-à-dire par l'achat de droits d'émissions de GES.
Conseil européen décisif
Les engagements européens en matière de réduction des émissions de CO2 et de financement de la lutte contre le réchauffement climatique sont par ailleurs au coeur du Conseil européen qui se déroule ce jeudi et vendredi à Bruxelles.
Au niveau européen, Nicolas Sarkozy "nous a paru finalement assez hésitant et il est tout à fait possible que l'Europe ne sorte pas demain avec un objectif plus ambitieux" que le Paquet Energie-Climat, s'est inquiétée Sandrine Mathy (RAC).
Cette réduction de 30%, "c'est le strict minimum", a estimé pour sa part Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France. "Malheureusement, le président français se donne très peu de chances de réussir à convaincre ses homologues européens d'afficher cet objectif d'ici demain soir".
Pour l'organisation Greenpeace, les dirigeants européens "doivent renforcer leurs engagements sur le climat pour atteindre la réussite du sommet de Copenhague". Les pays de l'UE ont désormais jusqu'à vendredi soir, la fin du Conseil européen, pour surmonter leurs divergences sur l'opportunité - ou pas - d'un tel leadership.
Barack Obama volontariste
Dans son discours d'acceptation du prix Nobel de la paix ce jeudi, Barack Obama a exhorté les dirigeants de la planète à lutter contre les changements climatiques et a mis en garde contre les conséquences désastreuses d'une inaction en la matière. Le président américain compte se rendre à Copenhague le 18 décembre.
"Le monde doit s'unir pour faire face aux changements climatiques", a-t-il déclaré. "Il y a peu de doutes, d'un point de vue scientifique, sur le fait que si nous ne faisons rien, nous devrons affronter une recrudescence de sécheresses, de famines, d'exodes qui alimenteront de nouveaux conflits, pendant des décennies", a-t-il ajouté.
Dans une conférence de presse, le président a également indiqué que les Etats-Unis avaient fait beaucoup cette année "pour faire en sorte que les négociations internationales sur le climat avancent de manière efficace".
Les pays en développement volontaristes également
Selon le Monde daté du 11 décembre, les pays en développement ont produit de leur côté un projet d'accord, pour contrebalancer l'ébauche de proposition du Danemark, qui a soulevé un tollé. Un texte - élaboré par la Chine en accord avec l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud et le Soudan, pays qui dirige cette année le G77 regroupant les pays en développement - "expose leurs desiderata".
Le texte souligne que le protocole de Kyoto resterait en vigueur au-delà de 2012. Il indique aussi que "le développement économique et l'éradication de la pauvreté sont la priorité indiscutable des pays en développement". Mais il admet également que la température globale à la surface de la terre ne doit pas excéder 2°C, ce qui "ouvre la porte à des réductions d'émissions de CO2 de la part des pays du Sud", souligne Le Monde.
Les pays n'étant pas signataires de Kyoto (les Etats-Unis) devront, selon ce document, réduire leurs émissions de GES, par "des mesures domestiques", c'est-à-dire sans recours au marché carbone. En revanche, ils ne seront pas obligés de prendre comme référence l'année 1990, utilisée par les Nations Unis (les Etats-Unis se réfèrent à l'année 2005).
Concernant l'aide financière que devront apporter les pays développés, un Fonds global du climat serait créé, piloté par le Fonds pour l'environnement mondial, une structure existante depuis dix ans.
La semaine prochaine devrait voir le débat s'appronfondir sur ces propositions et le débat Nord-Sudenfin entrer dans le dur du sujet.
latribune.fr
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Oldtimer a écrit le 11/12/2009 à 10:54 :
30% de réduction, c'est ambitieux, mais il ne faut pas réduire la taxe carbone pour les routiers: on commence mal...
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