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Les 193 pays qui participent à la conférence sur le réchauffement climatique à Copenhague ont désormais moins de deux jours pour sauver les négociations, qui prendront fin vendredi. Les discussions - qui visent à limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels - sont enlisées depuis plusieurs jours. Beaucoup de participants placent désormais leurs espoirs dans l'arrivée des 120 chefs d'Etat ou de gouvernement.
Le président français Nicolas Sarkozy, qui s'est refusé à "envisager un échec", hypothèse "catastrophique" selon lui, devait prononcer un discours en fin d'après-midi, avant une conférence de presse conjointe avec le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.
Engagement américain
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, arrivée dans la matinée dans la capitale danoise, 24 heures avant le président Barack Obama, a martelé dès son arrivée qu'il n'y aurait pas d'accord sans engagements vérifiables des grands pays en développement. Elle a promis une participation financière - d'un montant non précisé - de son pays à une enveloppe globale de 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 pour lutter contre le réchauffement, mais l'a subordonnée à "des actions significatives" et vérifiables des grands pays émergents. Elle doit par ailleurs enchaîner une série de rencontres bilatérales avec les représentants de la Chine, du Brésil ou encore du Danemark.
Cette "contribution inattendue apporte un souffle de vie aux négociations [...] Elle change la donne de ces négociations mondiales", a affirmé le WWF dans un communiqué. Greenpeace et Oxfam ont également accueilli positivement l'annonce d'un soutien financier américain.
Cependant, les engagements des pays riches en matière de diminution des émissions de gaz à effet de serre représentent, mis bout à bout, une baisse d'environ 12% à 16% d'ici à 2020 par rapport à 1990, loin de la fourchette de 25% à 40% mise en avant par les scientifiques. Ce qui fait dire au climatologue français Jean Jouzel, vice-président du Groupe international d'experts sur le climat (GIEC), qu'"on est loin du compte".
La Chine et l'Inde, deux pays clés
De leur côté les pays en développement insistent sur des engagements permettant de préserver leur croissance économique. Le Premier ministre Manmohan Singh a une nouvelle fois rappelé que l'Inde ne pourra pas accepter un traité contre le réchauffement qui l'empêcherait de sortir des millions de personnes de la pauvreté. "Le changement climatique ne peut pas être traité en maintenant les pays en développement dans la pauvreté", a-t-il insisté. L'Inde a annoncé qu'elle était prête à réduire l'intensité carbonique de son économie (émissions polluantes par point de PIB) de 20% à 35% en 2020 par rapport à 2005. "Nous sommes prêts à faire davantage en cas de dispositions crédibles sur le plan financier et technologique", a-t-il assuré.
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao, arrivé mercredi à Copenhague, a assuré quant à lui "la détermination" et "la sincérité" de son pays dans la lutte contre le changement climatique. Premier pollueur de la planète, la Chine n'est pas tenue à des objectifs contraignants de réduction d'émissions de ses gaz à effet de serre par le Protocole de Tokyo, mais s'est engagée à réduire son intensité carbonique de 40% à 45% d'ici à 2020, par rapport à 2005.
Journée de vendredi
Vendredi matin, un "nombre limité de chefs d'Etat représentant tous les groupes et toutes les régions du monde" se réuniront autour du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, selon le programme officiel. Avant la "photo de famille" en milieu de journée.
A partir de 14 heures GMT, les dirigeants entreront en session plénière pour l'adoption des conclusions de Copenhague.
latribune.fr
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