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http://www.latribune.fr/green-business/sommet-de-copenhague/position-des-pays/20091216trib000453722/negociations-en-crise-a-copenhague-a-deux-jours-de-la-fin-du-sommet.html

La présidente de la conférence quitte son poste
Démission ou "disposition technique" ? Le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen a pris ce mercredi la présidence de la conférence sur le climat à Copenhague en remplacement de Connie Hedegaard.
Officiellement, Connie Hedegaard va se consacrer exclusivement aux consultations informelles des ministres pour aboutir à un accord. Officieusement, il s'agit d'une démission de la part de celle qui a été plusieurs fois vivement critiquée pour son mode de gestion des travaux, notamment par les pays en développement.
Sur place, le chaos
Dans la journée, alors que plusieurs centaines de manifestants étaient rassemblés pour tenter de pénétrer par l'arrière de l'enceinte clôturée du Bella Center, site de la conférence, au moins 250 personnes ont été arrêtées. Depuis l'aube, la station de métro desservant le centre était fermée, des restrictions ont été mises en place à l'entrée des ONG et un hélicoptère a été placé en vol stationnaire au-dessus du bâtiment.
La coalition Climate Justice Action (CJA) et Climate Justice Now avaient organisé toute la journée la mobilisation aux abords du centre avec l'idée de perturber les travaux et de "reprendre le pouvoir" pour dénoncer "15 ans de négociations ratées sur le climat".
L'ONG Les Amis de la Terre, pourtant accréditée, n'a pas pu entrer dans l'enceinte du centre. "On ne peut pas dire pendant des années que les Nations unies et la société civile discutent ensemble et, au dernier moment, expulser la plus grosse ONG qui travaille sur ces questions", a estimé le député européen José Bové.
A la reprise des travaux en séance plénière ce mercredi, l'Inde dénonçait ainsi un "bazar intégral", le micro Etat de Tuvalu comparait la conférence au Titanic, et le Brésil s'insurgeait auprès de la présidence danoise alors que son chef de sa délégation était bloqué par un service d'ordre impitoyable.
Des tensions de plus en plus vivres Nord et Sud
L'Inde a qualifié ce mercredi de "décevants" les chiffres avancés par les pays riches pour lutter contre le réchauffement, avant le départ pour le Danemark du Premier ministre indien Manmohan Singh qui participera aux discussions finales.
"Nous avons souligné que les pays développés devaient présenter des chiffres ambitieux de réduction des émissions" de gaz à effet de serre, a déclaré à des journalistes la secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Nirupama Rao.
Les engagements annoncés à ce jour par les pays industrialisés à l'horizon 2020 représentent, mis bout à bout, une baisse d'environ 12% à 16% de leurs émissions par rapport à 1990, loin de la fourchette de 25% à 40% mise en avant par les scientifiques.
L'Inde a elle-même annoncé quelques jours avant la conférence viser un objectif de réduction de son intensité carbonique (émissions polluantes par point de PIB) de 20% à 25% d'ici 2020, par rapport à 2005. Mais le pays, gros pollueur, a rejeté tout objectif contraignant de réduction d'émissions. Pour ce pays de 1,1 milliard d'habitants, les pays riches sont historiquement responsables du réchauffement climatique et doivent financer les efforts des pays en développement.
Quant à la Chine, autre grand pays en développement et autre important pollueur, elle a vivement critiqué le manque de transparence de la conférence de Copenhague ce mercredi, accusant la présidence danoise de vouloir imposer un texte d'accord au mépris des négociations menées depuis deux ans.
"Les pays en développement craignent toujours le coup de force des pays industrialisés, tout cela entraîne beaucoup de tensions", a commenté l'ambassadeur de France pour le climat, Brice Lalonde.
Un accord, quel accord ?
Une réunion ministérielle restreinte de 25 ministres choisis par la présidence danoise de la conférence, dont six Européens, était prévue à midi heure française (11h00 GMT) pour commencer à rédiger l'accord que devront adopter vendredi quelque 120 chefs d'Etat ou de gouvernement.
Les négociateurs se préparent désormais à une, voire deux nuit blanches, et ne cachent pas leur inquiétude après une nuit presque complète de consultations. "Les négociations sont en crise. Nous sommes très inquiets de la tournure que prennent ces discussions", a résumé le porte-parole de l'ONG Climate Action Network International, Hunter Cutting.
Certains chefs d'Etat ou de gouvernement sont déjà arrivés, comme le Premier ministre britannique Gordon Brown, qui a lui aussi exprimé son pessimisme sur la BBC, en jugeant "très difficile" d'aboutir à un accord. Sur place également, le Premier ministre australien Kevin Rudd a averti sans détours que tout pouvait arriver d'ici vendredi. "Il n'y a aucune garantie de succès. Soyons très clairs là-dessus".
latribune.fr
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