Que faut-il de plus pour satisfaire Wall Street ? En préambule d'une note quotidienne sur les marchés, Christian Parisot, économiste chez Aurel-BGC, évoque une « saison déprimante pour les directions financières ». Et pour cause, les bonnes surprises ne manquent pas depuis le début de cette saison de publication des résultats pour le quatrième trimestre. Vendredi soir, deux cent vingt-deux sociétés de 500 composant l'indice S&P 500 avaient publié leurs comptes avec un taux de 77,5 % de bonnes surprises (ce taux était en moyenne de 67 % lors des précédents trimestres). Exxon Mobil est venu, lundi, compléter une liste qui comprenait déjà Lockheed Martin, Google, Amazon.com, Microsoft, Colgate-Palmolive ou encore 3M. Mais Wall Street est loin d'avoir salué ces prouesses. Par rapport à son point haut établi à 1.150,23 points le 19 janvier dernier, l'indice S&P 500 a corrigé de 6,6 % les excès de la fin d'année, sur fond d'inquiétudes sur le financement des États et un début de resserrement du crédit en Chine. Au total, janvier a été synonyme d'un repli de 3,7 %.
Les stratégistes se sont inquiétés ces derniers mois d'un retour à la croissance des chiffres d'affaires susceptibles de prendre la relève des effets positifs des programmes de réduction des coûts, visibles sur les derniers trimestres. Mais les nouvelles sont positives de ce côté, si l'on en croit HSBC, qui a tenu les comptes jusqu'à mercredi dernier. « 64 % des sociétés ont fait mieux qu'attendu (71 % hors valeurs financières) et les chiffres d'affaires sont désormais en progression de 7 % sur un an. » HSBC a notamment relevé de bonnes surprises du côté de l'énergie, de la technologie et de la consommation cyclique. Howard Silverblatt, analyste chez Standard and Poor's, est plus réservé : il évoque « des gains peu impressionnants sur un quatrième trimestre 2008 dévasté » et rappelle que les ventes futures sont dépendantes des dépenses de ménages.
Même le discours est plus optimiste. « Au troisième trimestre, les dirigeants commençaient à sentir les prémices de la reprise. Mais ils restaient encore prudents. Cette fois-ci, il est question de scénarios de redémarrage avec reprise de l'investissement », souligne Christian Parisot.
Quoi qu'il en soit, les entreprises ont été, jusqu'à présent, bien peu récompensées de leurs efforts sur le trimestre passé. Sur les soixante-sept valeurs du S&P 100 ayant déjà publié, la combinaison d'un résultat et d'un chiffre d'affaires supérieur aux attentes a été synonyme d'un recul de 1,2 % du titre le jour de l'annonce, a constaté Christian Parisot. Les sociétés ayant déçu le marché sur les deux tableaux s'en sont mieux sorties (? 1 %). Et, preuve que le focus est davantage sur les ventes, il en coûte moins de décevoir sur le résultat que sur le chiffre d'affaires (? 0,2 % et ? 1,3 % respectivement). n