ZOOM. La loi du plus fort s'est imposée pour le minerai de fer

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Dans les années 1960, une équipe de géologues américains survolait la forêt amazonienne, quand un problème mécanique contraignit l'expédition à se poser à terre. Ce fut sur une aire rocheuse, où le sol un peu rouge attira l'oeil des experts. 50 ans plus tard, le site de Carajas, relié par un chemin de fer à la mer, à quelques 700 km de là, est la plus importante mine de fer au monde. Le minerai y est d'excellente qualité, avec une concentration en fer de 66 %, que l'on trouve rarement dans la nature, si ce n'est en Australie, où les coûts d'exploitation sont toutefois plus élevés. Ailleurs, comme en Chine, l'industrie sidérurgique est souvent obligée de concentrer le minerai avant de pouvoir le mélanger au charbon à coke pour en faire de l'acier ? ce qui a un coût. Autant dire que le minerai de fer brésilien est très prisé des aciéristes.Effondrement des prixDu moins en temps normal. Durant l'année 2009, faute de demanden les aciéristes n'en ont guère eu besoin. Ils ont donc partiellement lâché leurs trois fournisseurs traditionnels de minerai de fer, les géants Vale, Rio Tinto et BHP Billiton. Et préféré s'approvisionner au jour le jour sur le marché au comptant, pour des volumes plus restreints. Les cours du minerai de fer calculés par Platts avaient en effet plongé vers les 70 dollars, très proches des contrats de long terme dans la sidérurgie, en raison de la faiblesse de la demande.Depuis, ils ont toutefois rattrapé le terrain perdu, et cotent aujourd'hui 129 euros par tonne pour le minerai de fer à 65 %, en raison de la forte demande asiatique.Contrats annuelsPerdants sur l'année 2009, les groupes miniers ont sauté sur l'occasion pour avancer leurs pions en ce début d'année. Sur le thème « vous voulez du spot, vous allez en avoir », ils sont parvenus à imposer ce qu'ils proposaient depuis plusieurs d'années : indexer partiellement leurs contrat annuels sur l'évolution des prix à court terme. Soit un prix de 110 dollars par tonne au départ du Brésil, selon la banque australienne Macquarie, pour le trimestre courant jusqu'à fin juin. Dans un communiqué du 1er avril au soir, Vale a annoncé avoir signé un accord avec 97 % de sa clientèle pour un nouveau régime de prix qui s'appuie « sur des références de marché et des modifications de prix tous les trimestres ». La déclaration du numéro un mondial du minerai de fer enterre, de facto, le mécanisme des contrats annuels. Et laisse peu de marge de manoeuvre aux 3 % de clients restants qui tentent encore de résister au bras de fer : les sidérurgistes européens.

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