Journal / Politique Internationale
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Source : La Tribune - 03/09/2010 | 23:00 - 374 mots  | 

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« Il faut un équilibre des pouvoirs en Turquie »

Umit Boyner, vice-president of an employers' association (TUSIAD) poses 05 January 2007 during an interview with AFP at her office in Istanbul. With the approach of the legislative elections in Turkey, usually synonymous with uncertainty and danger, mediums of businesses and analysts, trustful in the renewal of the outgoing majority and the solidity of the national economy, post a not very common serenity. AFP PHOTO / SEZAYI ERKEN

Ümit Boyner, Présidente de la TÜSIAD, association des industries et des entreprises de Turquie

En marge de l'Université d'été du Medef à Jouy-en-Josas, Ümit Boyner, « patronne des patrons turcs », a indiqué à « La Tribune » sa position sur la réforme de la Constitution soumise au vote des Turcs le 12 septembre par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.

Que pensez-vous de cette réforme ?

La Constitution en vigueur aujourd'hui a été introduite par les militaires en 1982. Et depuis cette date, la TUSIAD réfléchit sur comment l'amender pour mettre en place des contre-pouvoirs efficaces. Il faut réécrire la Constitution avec la participation de tous les partis et de la société civile. La nouvelle Constitution devra protéger les individus contre l'Etat et non l'inverse, et surtout, elle doit rétablir l'équilibre entre les trois pouvoirs, l'exécutif, le législatif et le judiciaire.

Quelles réserves avez-vous sur ce projet de réforme ?

Recep Tayyip Erdogan a soumis à la TÜSIAD 26 amendements à la Constitution. Parmi ces amendements, seuls deux n'ont pas notre assentiment. L'un porte sur le pouvoir du président de la République, qui nous semble encore trop important. L'autre amendement que nous désapprouvons porte sur les attributions du ministre de la Justice, qui deviendrait ainsi le chef d'une sorte de conseil des magistrats. Nous n'avons pas accepté ou rejeté en bloc cette réforme constitutionnelle. En fait, nous voulons laisser à nos adhérents la liberté de la voter ou non le 12 septembre prochain.

Pensez-vous que la Turquie puisse être un moteur économique pour l'Europe en cette sortie de crise ?

Bien sûr. Il suffit de regarder notre fort taux de croissance actuel [5,2 % en 2010, selon les prévisions du FMI, Ndlr]. De plus, la Turquie a une position centrale qui peut apporter beaucoup à l'Union européenne (UE) : nous sommes entre l'Europe et le Moyen-Orient et formons une sorte de « passerelle culturelle et économique » entre l'Occident et les pays émergents. Nous avons également la chance d'avoir une main d'oeuvre très jeune, ce qui ne peut qu'être un atout pour l'UE. Bref, si la Turquie a besoin de l'Union pour avancer dans ses progrès démocratiques, l'UE a besoin de la Turquie, car nous pouvons être un moteur économique pour l'UE.

Propos recueillis par Elisa Perrigueur

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