C'est au tour des managers désormais d'entrer dans la danse des « serious games ». Ces « jeux sérieux » sont en réalité des jeux vidéo qui s'écartent du pur divertissement pour proposer une pédagogie ayant un ressort ludique et s'invitent aussi bien dans la défense que dans la santé, le marché de l'emploi (Technocity), l'écologie (Ecoville), la politique (September the 12th) ou l'humanitaire (Darfur is dying). On reprend ici la bonne vieille formule du « Serio Ludere » en vogue chez les humanistes italiens du XVe siècle et cher à Montaigne. Mais aussi une méthode d'apprentissage par simulation bien connue des pilotes de ligne et des militaires, et utilisée dans l'armée dès le XIXe siècle avec l'adoption du « Kriegspiel » par l'armée prussienne en 1820.
Là où il devient intéressant dans l'univers du management, c'est qu'il permet l'échange de données entre les joueurs, ou entre le diffuseur du jeu et les joueurs, et prodigue un entraînement basé sur les capacités cognitives et physiques des individus à la manière des jeux de rôles. Un cran au-dessus de l'e-learning déjà bien développé. Entrés dans les RH par la porte du recrutement (Chez Thalès ou L'Oréalcute;al par exemple) les « serious games » commencent à faire leur apparition dans le management des équipes. Chez Axa France, ils forment les managers à l'entretien annuel. Même le monde syndical s'y met : la Fédération de la métallurgie a lancé au printemps dernier « Majobaventure, dans la jungle de l'entreprise ». L'idée est de sensibiliser la jeune génération à la pratique syndicale mais aussi aux droits des salariés. Un bon moyen d'initier la génération Y comme chez BNP Paribas où le séminaire d'intégration se fait au travers de « Starbank », un « jeu sérieux » pour comprendre comment s'interconnectent les différents services de l'entreprise. Mais qui reste tout de même problématique pour tous les réfractaires à l'univers du jeu vidéo.
Il n'empêche. Les chercheurs en neurosciences sont aujourd'hui unanimes sur le fait que la plupart des jeux construisent les cellules du cerveau et sont de puissants outils d'apprentissage. L'apprentissage est d'autant plus efficace qu'on donne à celui ou celle qui apprend un degré de liberté, et une capacité de participation active et d'appropriation. Pour le docteur Jeffrey Taekman, directeur de l'université de Duke en simulation humaine et centre de soin du patient, les « serious games » ne sont rien moins que « le futur de l'éducation ». Il y voit un moyen de révéler...
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