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Source : La Tribune - 06/02/2010 | 23:00 - 448 mots  | 

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Les minoritaires d'ANovo imposent leur plan à l'assemblée générale

C'est, dans une ambiance de théâtre de boulevard, l'épilogue d'un feuilleton de deux ans. Minoritaires opposants et direction sont finalement tombés d'accord sur une augmentation de capital.

Deux suspensions de séance, une réunion improvisée du conseil d'administration, un actionnaire minoritaire opposé au projet d'augmentation de capital de la société qui révèle publiquement son amitié avec l'un des administrateurs... Et une dizaine d'actionnaires particuliers totalement perdus. Comme celle de l'an dernier, l'assemblée générale d'ANovo a pris parfois des airs de théâtre de boulevard. Mais à la différence de celle de juin 2009, qui n'avait pas permis de trancher le débat, les actionnaires minoritaires ont gagné.

Présenté en cours de séance, leur projet d'augmentation de capital de 4,3 millions d'euros a été approuvé par 88,5 % des voix. La direction, le conseil d'administration et Jean de la Villardière, le premier actionnaire d'ANovo, ont finalement accepté de soutenir le plan des opposants alors que quelques minutes auparavant, l'assemblée générale avait rejeté leur propre projet.

Verre de l'amitié

Même s'ils étaient officiellement opposés, « l'amitié » entre Jean de la Villardière et Thibault de Saint-Vincent, l'un des principaux opposants, a visiblement permis d'arrondir les angles et de trouver une forme de consensus. Suffisament en tout cas pour se retrouver, après plus de quatre heures d'un débat parfois très technique, dans le restaurant le plus proche pour fêter ensemble ce vote, en compagnie des animateurs de l'association des actionnaires d'ANovo et d'une partie de la direction de la société. Comme si le scénario de la pièce avait été écrit à l'avance...

Quoi qu'il en soit, Gilbert Weill, le PDG d'ANovo, semblait soulagé de l'issue de l'assemblée générale. Même si le projet qu'il défendait n'a pas été accepté, l'opération approuvée va donner à la société les fonds dont elle a besoin pour financer son plan de développement. Selon lui, en investissant 5 millions d'euros dans de nouveaux métiers (extension de garantie, financement, régénération des appareils électroniques), ANovo doit être en mesure de générer 50 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaires avec une marge opérationnelle (Ebitda) de 10 %. Lors de son dernier exercice, ANovo a dégagé un chiffre de 365 millions d'euros avec une marge opérationnelle de 3,8 %.

Créance de 15 millions d'euros

Une personne manquait à ce verre de l'amitié : Christian Guilbert. Entré dans le dossier ANovo il y a deux ans via l'acquisition, à un prix décoté, d'une créance de 15 millions d'euros, l'ancien dirigeant du groupe de logistique Stef-TFE, ne participera pas au projet d'augmentation de capital. Le schéma soutenu par la direction d'ANovo, et demandé par les banques de la société, devait lui pemettre de convertir le solde de sa créance (7,5 millions d'euros) en actions.

Le projet ayant été rejeté, Genesis Partner, le holding de Christian Guilbert, restera donc créancier. À moins qu'il ne décide de vendre sa créance à un tiers pour tourner la page d'un feuilleton de plus de deux ans.

Olivier Pinaud

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