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Source : La Tribune - 06/08/2010 | 23:00 - 383 mots  | 

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Après deux mois de jeûne, les établissements de crédit font à nouveau appel au marché

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Alors que mai et juin avaient été quasi vierges d'émissions en raison de la crise grecque, les « stress tests » et les résultats bancaires ont permis aux institutions de reprendre leurs émissions de dette.

A pedestrian walks past a branch of Santander bank in Bilbao, Spain, on Tuesday, Jan. 22, 2008. Competition for funds has helped drive average deposit rates of three months or more to 4.84 percent, more than a quarter higher than the Eurozone average, according to central bank data. Photographer: Markel Redondo/Bloomberg News

En rassurant les investisseurs, les tests de résistance et les résultats bancaires ont permis aux banques européennes de reprendre leur programme de refinancement. Ce jeudi, Barclays a ainsi placé 3,1 milliards de livres d'obligations à 5 ans. BNP Paribas a, de son côté, abondé mercredi de 500 millions supplémentaires la ligne de 1 milliard d'euros d'obligations à 5 ans émise le 6 juillet dernier, tandis que la scandinave Nordea a émis 1,25 milliard d'euros à 5 ans.

« Les investisseurs attendaient ces résultats pour avoir plus de visibilité, tandis que la plupart des émetteurs espéraient en bénéficier pour placer leur dette dans de meilleures conditions », explique Sébastien Domanico, responsable origination des institutions financières chez Société Généralecute; Générale.

La semaine dernière déjà, les banques avaient placé 8,8 milliards d'euros de dette. Dans le collimateur des marchés, en raison de la situation budgétaire et économique de l'Espagne, les banques ibériques ont été particulièrement actives. Absente du marché depuis le 24 février dernier, Santander a placé 1,5 milliard d'euros tandis que BBVA a émis 1,25 milliard. « Ces opérations importantes sont très positives pour le sentiment de marché, et d'autres transactions devraient être bouclées malgré la période estivale, habituellement calme », note Sébastien Domanico.

« La prudence reste toutefois de mise, car jusqu'ici le marché ne s'est pas rouvert pour toutes les signatures, les opérations concernant essentiellement de très grands noms. Si de petites signatures, par exemple italiennes ou espagnoles, venaient se refinancer, ce serait un événement de marché beaucoup plus significatif », prévient-il.

Renchéri par la crise grecque, le coût de financement des banques n'est toujours pas revenu à son niveau d'avant-crise. Depuis le plus-bas annuel de 45,6 points inscrit le 16 avril dernier, la prime exigée sur des obligations de sociétés financières plutôt que d'entreprises a bondi jusqu'à 99 points le 30 juin et s'établissait le 4 août à 77 points de base, son plus bas niveau depuis le 5 mai. Après avoir émis 90 milliards d'euros en début d'année, les banques ont souffert d'une fermeture complète du marché en mai et en juin.

« On devrait assister à un redémarrage dynamique des émissions en septembre », estime Sébastien Domanico, qui table sur environ 150 milliards d'euros d'émissions en 2010. Ce sera le début d'un effort de longue haleine, car les banques européennes ont besoin de refinancer plus de 4.000 milliards d'euros de dettes d'ici à 2012, selon une étude de la Banque d'Angleterre publiée fin juin.

Julien Beauvieux

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