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Source : La Tribune - 06/08/2010 | 23:00 - 390 mots  | 

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Un groupe qui avait plus d'un siècle

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Tour à tour conquérant, recentré, nationalisé, remis en Bourse. Pechiney aura tout connu.

A combinations of pictures made 08 May 2007 shows the former facade of Pechiney's headquarters (top) and a recent view of facade of the Alcan's headquarters in Paris. Alcoa announced a hostile 33-billion-dollar bid 07 May 2007 for Canadian rival Alcan, saying the acquisition would create the world's biggest aluminum company and a brighter future for both.  Alcan acquired French aluminum maker Pechiney in late 2004, creating at the time the biggest packaging and the second-biggest aluminum group in the world, behind Alcoa. AFP PHOTO

Si Nicolas Sarkozy brandit aujourd'hui l'abandon de Pechiney pour justifier son volontarisme industriel, c'est sans état d'âme apparent que Francis Mer, ministre de l'Économie du gouvernement Raffarin, autorise en septembre 2003 le rachat du groupe français par Alcan. Comme Pechiney fournit des pièces en aluminium pour les avions militaires français, il lui faut donner son autorisation. L'heure est au libéralisme, rares sont les voix qui critiquent cette prise de contrôle étrangère, et le repreneur canadien a multiplié les promesses sur les emplois.

Pourtant, c'est bien un pilier de l'industrie française qui part ainsi à l'étranger. Créée en 1855 par le chimiste Henry Merle, à Salindres (Gard), l'entreprise se lance très vite dans la fabrication d'aluminium. Elle devient Pechiney en 1950, du nom du beau-père d'un de ses dirigeants, et se lance dans une série d'acquisitions. En 1971, c'est la fusion avec Ugine Kuhlmann, géant de la chimie et des métaux. Le nouvel ensemble, PUK, est alors le premier groupe industriel privé français. Mais dès 1974, il plonge dans le rouge. En 1982, il n'échappe pas à la nationalisation et à la redéfinition des périmètres décidée pas le gouvernement pour l'ensemble des groupes chimiques. PUK abandonne sa chimie et ses aciers et redevient Pechiney.

En 1988, sous la houlette de Jean Gandois, Pechiney, assaini financièrement, se lance dans une grosse acquisition américaine qui représente aussi une diversification : il lance une OPA à 3,5 milliards de dollars sur American National Can, filiale de l'américain Triangle, et spécialiste de l'emballage. Ce coup stratégique va vite se transformer en « affaire Pechiney », plusieurs hommes d'affaires ou hauts fonctionnaires, dont Alain Boublil, Roger-Patrice Pelat, Max Théret ou Samir Traboulsi, étant soupçonnés d'avoir commis un délit d'initiés. Et, financièrement, il devient un gouffre.

En 1994, Jean-Pierre Rodier succède à Jean Gandois. Et tente de remettre le groupe sur les rails. il cède peu à peu l'essentiel d'ANC, mais aussi les composants aéronautiques ou Carbone Lorraine. À partir de 1999, il veut repartir à l'offensive et discute avec le canadien Alcan et le suisse Algroup d'un projet de fusion. Mais, en 2000, la Commission européenne met son veto. En 2001, Alcan rachètera Algroup. Pechiney, de plus en plus isolé, tente de mettre la main sur l'aluminium du britannique Corus. Sans y parvenir. Et en 2003, Alcan lancera finalement son OPA hostile. C'est la fin de Pechiney. O. E.

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