La Tribune

Volvo veut contrer BMW et Mercedes

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Synonyme de sécurité et de robustesse, symbole d'un art de vivre scandinave évoquant le confort et la discrétion, Volvo va-t-il donner dans le « bling-bling » ? Le nouveau propriétaire chinois du constructeur suédois veut désormais cibler les grosses berlines allemandes. Après l'officialisation lundi du rachat de Volvo à Ford pour 1,4 milliard d'euros, Li Shufu, patron de Geely, a affirmé à l'agence Reuters : « Nous voulons produire davantage de voitures haut de gamme, susceptibles de concurrencer la série S de Mercedes Benz et la série 7 de BMW. » Des véhicules à très fortes marges, surtout en Chine.« Il nous faut des produits pour attaquer ce segment », a-t-il martelé. Il est vrai que les clients chinois ou américains sont friands de ces longues berlines de prestige, statutaires à souhait. La BMW 7 est vendue (en France) à partir de 80.550 euros, la Mercedes S de 83.800, alors que la plus grosse Volvo, la S80, est offerte entre 32.000 et 71.000 euros. Clairement, malgré ses qualités, celle-ci ne joue pas du tout dans la même catégorie. Il est vrai que, en Europe, les très grands modèles sont de moins en moins prisés et que, au sein du groupe Ford, Volvo devait laisser le créneau du prestige à Jaguar - vendu depuis à l'indien Tata.Nouvelle usineAujourd'hui, les États-Unis demeurent le premier débouché de Volvo (32.000 ventes sur sept mois), devant la Suède et la Grande-Bretagne. Mais la Chine est déjà son quatrième marché (18.000 unités), représentant 8 % de ses ventes totales, contre 11 % pour BMW, ou 17 % pour Audi. Volvo produit des S40 et S80 L (allongées) à Chongqing. Geely vise carrément 150.000 ventes annuelles pour Volvo en Chine vers 2015, selon Shanghai Securities News. La firme de Göteborg pourrait notamment devenir un fournisseur des pouvoirs publics locaux, à l'instar d'Audi. Geely veut construire pour sa filiale une nouvelle usine de 250.000 à 300.000 unités annuelles. Il a promis 700 millions d'euros d'investissements.Volvo Cars (rien à voir avec le fabricant de camions AB Volvo) est parti pour vendre 380.000 voitures cette année dans le monde, atteignant le seuil de rentabilité selon le patron de Geely, qui vient de devenir président du conseil d'administration de Volvo Cars. L'an dernier, le suédois avait écoulé à peine 334.800 véhicules et affiché une perte d'un demi-milliard d'euros. Alain-Gabriel Verdevoye
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