Catastrophes naturelles Journal / Politique Internationale
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Source : La Tribune - 06/08/2010 | 23:00 - 417 mots  | 

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La météo déboussole le monde des céréales

L'embargo sur le blé russe à partir du 15 août accroît les tensions sur le marché des céréales. L'arrivée de La Niña pourrait favoriser de nouveaux aléas climatiques.

TO GO WITH AFP STORY by Stuart Williams- (FILES) -  The sun beats down on wheat growing in Mokrye Kurnali on July 20, 2010.  Leading wheat exporter Russia cut its grain harvest forecast by millions of tonnes on August 3, 2010 owing to the worst drought for decades, adding to concerns pushing wheat prices to a two-year high point.  Russia, currently the world's number three wheat exporter, has seen 20 percent of its arable land (10 million hectares) scorched by a heatwave which has also hit its ambitions to raise its share of global markets. AFP PHOTO / ELISE MENAND

Le second exportateur de blé ferme ses frontières. Après la canicule sans précédent qui risque d'avoir amputé la moisson russe de 20 % à 25 % du tonnage prévu, le Premier ministre Vladimir Poutine a annoncé jeudi l'interdiction des exportations de blé à partir du 15 août, mais aussi d'orge et de maïs. En 2009, le pays avait vendu 21,4 millions de tonnes de blé à l'international, contribuant pour 8 % aux échanges mondiaux. Son absence, cette année, bouscule le commerce des céréales. Avec l'envol inédit des cours du blé, dont la tonne bondissait encore de 10 % jeudi à 230 euros sur le marché parisien, les autres céréales jouent les substituts.

Les cours du maïs et du riz se sont d'ailleurs aussi emballés. Fait inhabituel, le prix du blé a dépassé il y a peu celui du riz. Certains pays importateurs, comme le Bangladesh, se reportent donc sur le riz. Or sa récolte n'est pas à l'abri des catastrophes climatiques : les rizières chinoises ont été touchées par des inondations, tandis qu'en Inde la mousson est à la fois tardive et violente. Des épisodes que certains experts rapprochent du phénomène climatique « La Niña ». Il s'agit du déplacement d'une masse d'eau froide de l'ouest vers l'est du Pacifique, qui perturbe le système atmosphérique et tend à accroître l'intensité des précipitations sur l'Asie du Sud-Est et l'Australie. Si La Nina a habituellement des conséquences bénéfiques pour la culture du riz, le phénomène a également son revers comme on le voit au Pakistan (voir encadré).

Prévision de récolte à la baisse

Dans le négoce des céréales, l'attention se porte sur la récolte australienne, dernière soupape de sécurité pour la moisson de blé 2010. La Niña pourrait en effet avoir un impact négatif si les pluies sont violentes.

La FAO, qui a drastiquement révisé à la baisse ses prévisions de récolte de blé cette semaine, s'inquiète déjà de la prochaine campagne. « Si la sécheresse dans la Fédération de Russie perdure, cela pourrait poser des problèmes pour les cultures hivernales dans ce pays, avec des implications potentiellement graves pour les livraisons mondiales de blé en 2011-2012 », assure l'agence de l'ONU. C'est précisément ce que les météorologues prévoient. « Nous anticipons des températures nettement plus élevées que la normale jusqu'à octobre pour l'Europe et la Russie », assure Pascale Delecluse, directrice adjointe de la recherche chez Météo France. Sans établir de lien direct avec le réchauffement climatique, la spécialiste rappelle aussi qu'un temps plus chaud s'accompagne d'une hausse de l'occurrence et de l'intensité d'événements extrêmes.

Par Aline Robert

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