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http://www.latribune.fr/journal/edition-du-0901/edito-et-opinions/341218/le-bloc-notes-de-stephane-soumier.html
On a vécu la semaine sous le signe de la high-tech et, pourtant, j'ai l'impression que l'industrie n'avait jamais reçu de plus bel hommage. En lançant un téléphone portable à son nom, Google, le prince de l'immatériel, ne vient-il pas d'annoncer qu'il avait peur de construire sur du sable? Qu'il fallait s'attaquer à la matière pour continuer à croître? Démontrer qu'on peut la dominer? Ça n'empêche pas Google de travailler à concentrer notre vie numérique dans ces « nuages informatiques » dont il a le contrôle, d'en faire évidemment le c?ur d'un considérable gisement de business. Mais j'ai l'impression qu'ils ont senti qu'il leur manquait quelque chose. Ça dépasse, par exemple, la guerre avec Apple ou Microsoft, tout ce qu'on a pu raconter sur la bataille des « applications », éléments importants par ailleurs. Dans ce lancement, dans cette rupture, l'entreprise, qui est aujourd'hui la toute jeune dixième capitalisation boursière mondiale, nous dit qu'elle doit se faire palper, toucher, salir, qu'elle veut tomber sur les trottoirs, se perdre dans les canapés, attendre dans un fond de tiroir. Elle nous dit qu'elle doit s'incarner dans la matière pour gagner un peu d'éternité dans le c?ur des consommateurs.
Un mot de la « taxe Google », quand même! Pour être complète, la semaine du numérique devait se terminer par une taxe, non? Un mot pour citer le marquis de Vauban, « la Dîme royale »,1707 (dans lequel le marquis jette les fondements de l'impôt universel) : « pour jouer pleinement son rôle, cette dîme sera claire et compréhensible par tous, facile à appliquer et stable. Mais les rois veilleront à ce qu'elle n'excède pas le nécessaire, en ce que tout ce qui sera tiré au-delà jettera les sujets dans le malaise, et appauvrira finalement le royaume tout entier.» Parole d'expert, non ? D'ailleurs je ne résiste pas au plaisir de vous raconter le malaise de Thierry Breton quand on lui demande si les hausses d'impôts sont inévitables pour payer la facture de la crise. Lui qui était très à l'aise, très franc, pour décrire les mécanismes d'endettement, se met à retrouver ses mécaniques d'ancien ministre, le mot « impôt » lui brûle les lèvres, il faudrait des lignes entières pour décrire les hésitations qui entourent cette simple phrase : « il est vraisemblable qu'à un moment donné, d'une manière ou d'une autre, il faudra augmenter les recettes. »
Un jeune homme surdiplômé (double master en génie pétrolier et mécanique des fluides) mais sans une offre d'emploi après 800 (sic ! ) candidatures spontanées, est venu vendredi matin raconter son histoire au micro de BFM radio. Je vous passe les détails de son combat pour mener des études supérieures dans une cité où le trafic de drogue vous assure la fortune immédiate, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est qu'une heure après son intervention, j'avais déjà reçu pour lui 5 offres d'emploi. C'est invraisemblable ! C'est inacceptable ! Où est le bug dans le marché de l'emploi ?
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Michel a écrit le 20/01/2010 à 16:40 :
Excellent votre "coup de geule". La France est le champion du "racisme à l'embauche" sous toute ses formes. Je suis "senior", manager et commercial d'expérience et pleins d'énergie, d'enthousiasme et de volonté d'agir et de m'investir. A quand un "coup de gueule pou l'emploi des seniors ? Nous pouvons apporter beaucoup à une entreprise: expérience, maturité, savoir et cela sécurise le personnel d'avoir des interlocuteurs seniors.
lilia_opio a écrit le 14/01/2010 à 10:48 :
Le marché de l'emploi est un vaste bazard! Un Master en lettres modernes, une maîtrise de Français langue étrangère et une année en Angleterre en tant qu'expatriée : voilà mon parcours et pas de boulot à l'horizon! J'ai tenté deux fois les concours du capes mais l'oral n'est pas passé. En revenant d'Angleterre, j'ai accepté de tout remettre en question par le biais d'un bilan de compétences qui m'a orientée vers le métier d'Assistante de Direction bilingue. J'ai donc suivi un formation en dix mois durant laquelle j'ai souffert de mon étiquette d'universitaire (j'étais la plus diplômée du groupe). On m'a expliqué par exemple que je ne devais pas mettre sur mon cv mon plus haut niveau pour éviter de complexer un employeur potentiel qui pourrait avoir un niveau moindre... Mon titre professionnel en poche, j'ai eu de mal à démarrer car j'avais l'étiquette de débutante...une mission de quinze jours de standardiste plus tard, j'ai eu la moitié de l'étiquette de standardiste. J'ai réussi à décrocher par la suite deux missions en me trouvant au bon moment au bon endroit mais aussi en acceptant de travailler là où personne ne voulait aller...En ce début d'année 2010, je suis à nouveau sur le marché du travail, j'ai commencé une formation par correspondance d'Assistante comptable afin d'acquérir plus de compétences car on me disait que je n'étais pas polyvalente. Maintenant, avec mes expériencees et cette formation en cours, j'ai réellement un profil "polyvalent" mais on m'a répondu récemment que j'étais trop polyvalente .... Tout ce que je veux, c'est travailler dans une entreprise sympathique avec un patron droit et travailleur, effectuer des tâches intéressantes, avoir un salaire qui me permette de vivre dignement, me stabiliser professionnellement...et tout simplement pouvoir vivre ma vie d'adulte ... Mais c'est déjà trop demandé
Edmond a écrit le 14/01/2010 à 09:44 :
Le bug français? Il est dans les résultats du commerce extérieur français qui continue à creuser son déficit quand notre partenaire allemand continue à prendre des marchés. Dans le même temps, les entreprises se plaignent de ne pas trouver un commercial capable de sortir des sentiers battus, d'être prêt à bouger, de travailler en maitrisant au moins réellement l'Anglais mais lorsqu'elles reçoivent une candidature d'un homme de 50 ans bilingue professionnellement (et pratiquant d'autres langues à différents niveaux) avec un background technique et commercial, un profil international et prêt à bouger, ces entreprises ne voient qu'une chose "il a 50 ans" . Donc, accélérons encore un peu pour rentrer dans le mur alors que l'on voit les produits US devenir de plus en plus présent en Europe et dans le monde et que l'on entend parler Italien dans une gare ou un aéroport à Londres, à Varsovie, à Berlin, à Bucarest , à Pékin, à Moscou et ailleurs.. Voilà où est le mal français. Bonne année 2010 à tous! Edmond
bichique a écrit le 10/01/2010 à 12:04 :
j'écoute régulièrement et avec intérêt Good morning business.Parlant de l'Islande et du référendum à venir pour consulter le peuple sur le nécessité ou non de rembourser l'aide bancaire, le parallèle a été fait avec les français si d'aventure on leur demandait de rembourser les déficites bancaires....le représentant de La Tribune présent a simplement oublié de dire que son quotidien venait d'annoncer que la Société Générale allait rapatrier 35 Mds d'euros d'actifs toxiques de l'étranger pour les imputer sur ses impôts en France......la banque encaisse les gains et le citoyen paie les pertes. J'aurais aimé que cela soit dit au nom de la clarté et pour la bonne compréhention de tous .
Nicolas a écrit le 10/01/2010 à 11:26 :
Le bug est dans la culture française : j'ai 30 ans, je suis ingénieur, une expérience d'entrepreneur NTIC, de DSI, d'officier dans l'armée, d'enseignant en grande école et ce qui revient le plus souvent est "que je n'ai pas pu accumuler autant d'expérience à cet age". Jamais on essaie de creuser et de tester les compétences, de vérifier les références (nombreuses). Jamais on se dit que j'ai choisi de travailler comme un fou, de prendre des risques pour avancer (et de faire ce que beaucoup, timorés ne voulait pas faire pour ne pas "abimer" leur carrière). Au bilan, je suis fatigué d'être confronté à soit des jeunes gens, sans expériences qui sortent d'école de commerce lambda, incapable de gérer un profil qui sort de l'ordinaire ou à l'opposé, des personnes qui ne veulent pas faire l'effort de projection d'un profil dynamique, autonome avec un pool de connaissances ventilé à dessein et par là, évidemment de prendre un risque - relatif. Tant qu'un recruteur reste calé sur une évaluation qui est un mélange de pédigrée et d'adéquation d'une case (ingénieur AMOA finance de marché) associé à un indice syntec ou autre (un entrepreneur qui n'a pas cotisé à la caisse des cadres est réputé n'avoir pas travaillé); la France n'avancera pas. On se cache derrière des schémas connus, des normes pour ne pas prendre de risques et attendre que cela se passe. Le truc, c'est que cela ne marche pas [plus] comme ça. j'ai les diplômes, j'ai des expériences complémentaires et poussées. Il m'est juste reproché d'être sorti du rail de la classique carrière et d'avoir fait à 30 ans ce que la société n'autorise qu'à partir de 40.. J'envisage sérieusement de partir dans un pays plus pragmatique où l'on me demande d'abord ce que je sais faire pour seulement ensuite en tirer des conclusions.
ordonez a écrit le 10/01/2010 à 09:20 :
Où est le bug dans le marché de l'emploi? Mais il est tout contenu dans l'exemple qui nous est proposé. Il y a un marché de l'emploi mais il n'y a pas de plateforme de marché organisé digne de se nom. Il n'y a qu'un système passif d'enregistrement (offre-demande) qui collecte et centralise des renseignements. Des que cette collecte est fondue dans "une histoire de l'offre - demande", alors là, ça marche......
kalsoum a écrit le 09/01/2010 à 15:32 :
il me semble Pierofran, que M. Soumier est parfaitement d'accord avec vous quand il cite Vauban. Les impots apauvriraient le royaume et le jetteraient tout entier dans la misère
Mikael a écrit le 09/01/2010 à 13:11 :
Monsieur Soumier, A propos du jeune homme surdiplomé, je ne suis pas étonné que vous ayez reçu rapidement des offres d'emploi pour lui, car en l'écoutant répondre à votre interview on se rendait compte immédiatement de ses qualités. Un lettre de candidature ne remplacera jamais un entretien oral. Tout le problème est de dépasser le tri subjectif et rapide qui est fait dans les DRH des entreprises à la lecture des CV. Votre petit "reportage" l'a parfaitement illustré.
pierofran a écrit le 09/01/2010 à 12:59 :
des impôts ? ah bon ? et pourquoi ne pas réduire le train de vie de l'Etat ? tous les Français réduisent le leur, tous à l'exception des fonctionnaires, des gouvernants et de Nicolas S. Réveillez vous Mr. Soumier, la vache à lait pour l'impôt c'est fini, jetez un oeil à l'extérieur en commençant par l'Allemagne, vous croyez que la France résisterait à une augmentation d'impôt ? elle éclaterait sous la pression des coûts insupportables générés par l'impôt alors que ces mêmes coûts sont fortement réduits chez nos voisins.
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