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Source : La Tribune - 09/02/2010 | 23:00 - 339 mots  | 

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A gas pressure gauge sits on the main gas pipeline from Russia, operated by Naftogaz in the village of Boyarka near Kiev, Ukraine, on Saturday, Jan. 3, 2009. OAO Gazprom, Russia's natural-gas exporter, began pumping gas into pipes running through Ukraine, the first step toward ending a six-day supply halt that disrupted shipments to at least 20 European nations. Photographer: Genya Savilov/Bloomberg News

Gazprom, Total et Statoil se donnent du temps pour exploiter le gisement de gaz de Chtokman

La décision est repoussée à 2011, justifiée par la baisse de la demande de gaz.

Désorientée par les bourrasques de la crise, la stratégie de Gazprom fait la girouette. Le numéro un mondial du gaz, qui détient 51 % du projet de Chtokman, a annoncé vendredi sa décision de retarder de trois ans l'exploitation du champ géant gazier après la baisse de la demande pour son gaz en Europe et la réduction des importations américaines de gaz naturel liquéfié. Ce gisement gazier, l'un des plus vastes du monde, avec 3.900 milliards de mètres cubes de gaz naturel et de condensé, est aussi l'un des plus chers à développer (15 milliards de dollars rien que pour la première phase).

nouveau délai bien accueilli

Son exploitation est très complexe technologiquement à mettre en oeuvre en raison de sa situation géographique éloignée des côtes (700 kilomètres), dans une région polaire. Ces difficultés ont d'ailleurs contraint Gazprom à faire appel à Total et à Statoil, alors que les russes semblaient un moment décidés à partir seuls dans l'aventure. Découvert en 1988, il devait entrer en phase de production dès 2000.

Selon Alex Bourganski, analyste hydrocarbures chez Renaissance Capital, « l'histoire de Chtokman est erratique depuis le début, à la fois en termes de choix du produit (GNL contre gazoduc), en termes de marché cible (États-Unis contre Europe), en termes de calendrier et de formes de partenariats ». Ce nouveau délai a été bien accueilli par les marchés. Les experts estiment que Total et Statoil étaient les plus réticents à poursuivre le projet dans les conditions actuelles.

Le groupe français ? qui détient 25 % du consortium, le norvégien possédant les 24 % restant ? pourrait trouver une raison de se consoler avec la formation d'une coentreprise dans les prochains jours avec Novatek, le principal groupe gazier russe indépendant, prévue dans les prochains jours. Novatek (dont Total avait vainement tenté d'acquérir 25 % en 2005) participera au développement du gisement de Termokarstovoïe, dont le français détient déjà 49 %.

Emmanuel Grynszpan, à Moscou

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