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Source : La Tribune - 12/03/2010 | 23:00 - 598 mots  | 

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De nombreux défis à relever

« Les génériqueurs qui observent la loi sont désavantagés en France »



La patron de la branche générique de Novartis analyse les raisons des difficultés du groupe dans l'Hexagone et dénonce les pratiques anticoncurrentielles de ses concurrents.

jeff george

Comment a évolué l'activité de Sandoz en France en 2009 ?

Nous ne dévoilons pas notre chiffre d'affaires par pays. Mais il a reculé en 2009 : nous sommes passés du troisième au cinquième rang des génériqueurs en France, derrière Teva et Sanofi-Winthrop. Notre part de marché y est inférieure à 10 %, alors qu'elle est de 10 % à 20 % en moyenne dans les autres pays d'Europe et de 30% en Allemagne où nous sommes leaders. Et ce, alors que la France est le deuxième marché européen pour les génériques derrière l'Allemagne.

Pourquoi cette mauvaise performance ?

Nous avions un problème de management, c'est pourquoi nous avons remplacé la moitié de l'équipe de direction et nommé Frédéric Collet en juillet 2009 comme président France. Il a à son actif le redressement de la filiale française de Ciba Vision. Nous devons maintenant reconquérir des clients : nous sommes en retard en termes de distribution. Nous regrettons cependant qu'il existe en France des pratiques de rabais consentis aux pharmaciens qui vont bien au-delà de ce qu'autorise la loi. C'est une spécificité de ce marché à laquelle nous refusons de nous conformer. Je préfère perdre du terrrain en respectant l'éthique qu'en gagner en l'oubliant. Mais c'est un fait : les sociétés qui observent un code éthique et légal sont désavantagées en France. Nous devons donc continuer à dialoguer avec les autorités pour assurer une plus grande équité.

Quelle part de marché avez-vous sur le clopidogrel, le générique du Plavix autorisé depuis octobre?

Notre générique a eu un fort démarrage. Malheureusement, à cause des rabais que je viens d'évoquer, le marché est inéquitable.

Que dépensez-vous pour mettre au point vos biosimilaires ?

Au niveau mondial, Sandoz investit fortement dans le développement, qui est le fer de lance de la croissance d'un génériqueur : près de 9% des ventes, contre 4 à 7% pour nos concurrents, ce qui a représenté 700 millions de dollars en 2008. Pour développer un biosimilaire, il faut de 50 millions à 150-200 millions de dollars contre 2 à 10 millions pour des génériques classiques.

Les ventes de Sandoz n'ont crû que de 5 % l'an dernier en monnaies locales, contre 12% pour la branche pharmacie de Novartis...

Oui, mais notre résultat opérationnel a crû de 10% sur l'année. Depuis 2003, les génériques sont, avec les vaccins, les deux branches qui progressent le plus vite chez Novartis. Nous comptons continuer à développer des produits innovants dans les biosimilaires, les injectables en oncologie, et le domaine respiratoire. Ce dernier représente un marché mondial de 20 milliards de dollars (asthme et broncho-pneumopathie chronique obstructive) dont 15 milliards devraient perdre leurs brevets d'ici à 2016. Au total, 30 milliards de dollars de ventes vont perdre leurs brevets dans les années à venir, dont plus d'un milliard en France.

Avec la multiplication des fabricants de génériques et l'arrivée des labos traditionnels dans ce domaine, comment s'imposer ?

Pour moi, il y a aujourd'hui deux segments : les génériques « standard » et les produits plus élaborés, comme les protéines thérapeutiques, qui représentent 30% de notre chiffre d'affaires. Or, les génériques de demain seront différents : les produits biologiques (grosses molécules) représentent 2% des expirations de brevets en valeur en 2010, mais ce sera 40% à l'horizon 2014 -2016. C'est là que nous voulons positionner Sandoz.

Et en France ?

Nous avons de vrais atouts, avec 350 lignes de médicaments et une couverture d'environ 80% du répertoire. Nous sommes le seul génériqueur français à vendre trois biosimilaires (plus de 15% de notre chiffre d'affaires). Nous voulons donner à Sandoz la place qui est la sienne, celle de numéro deux mondial et numéro un en Europe. n

Propos recueillis par Audrey Tonnelier

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