Journal / Politique Internationale
   Taille du texte : 
Source : La Tribune - 12/03/2010 | 23:00 - 381 mots  | 

Boite à outils de l'article :

|
« Il n'y a pas eu ici plus de gaspillage qu'ailleurs...

Tout en manifestant, les Grecs se résignent à l'austérité



L'appel à la grève nationale lancé par les syndicats du privé et de la fonction publique a été largement suivi en Grèce jeudi. Le risque de voir les Grecs refuser les nouvelles mesures d'austérité est réel.

Masked protestors carry placards exposing Greece's high military spendings in Athens on March 11, 2010 during a demonstration marking the general strike, the second such protest in a fortnight against debt-driven austerity. Greek police battled demonstrators as the country ground to a halt in the latest protest strike against government austerity measures aiming to end a crippling debt crisis.  AFP PHOTO / Louisa Gouliamaki

Pour la deuxième fois cette année, la Grèce marchait au ralenti jeudi, conséquence de la grève nationale : hôpitaux, aéroports, écoles, services administratifs, transports, taxis, médecins, journalistes... Une large partie de la population avait répondu à l'appel à cesser le travail et à manifester - plus de 10.000 personnes dans les rues de Salonique, deuxième ville du pays - sous des banderoles aux titres explicites : « même s'ils nous terrorisent, les mesures ne passeront pas », « nous sommes des hommes, pas des numéros ». L'appel avait été lancé par les syndicats du public et du privé pour protester contre les mesures d'austérité du gouvernement de Georges Papandreou pour réduire cette année un déficit public à 8,7% du PIB, contre 12,7% en 2009.

« Les mesures prises jusqu'ici sont injustes, exigeant des salariés des sacrifices qui ne sont pas demandés aux hommes d'affaires et aux banquiers qui ont créé cette crise », indiquait le porte-parole de la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE), qui revendiquait 90 % de grévistes parmi ses 2 millions de membres. L'exaspération de la population a grandi ces dernières semaines avec le durcissement des mesures de rigueur réclamées par l'Union européenne. Ainsi, le taux de TVA a été relevé et certaines primes pour les fonctionnaires, comme un quatorzième mois, ont été supprimées, tandis que les embauches dans la fonction publique sont gelées et que les pensions des retraités ne seront pas revalorisées.

impact sur la croissance

Le risque soulevé par plusieurs analystes réside dans le refus de la population des mesures d'austérité. Nombre de grèves perlées dans le pays vont dans ce sens, ainsi que la violence développée jeudi en marge de la manifestation contre les forces de l'ordre par plusieurs groupes de jeunes se revendiquant de l'anarchisme. « Le principal risque n'est pas tant que la Grèce ne puisse pas arriver à faire son ajustement, mais que la société grecque refuse de supporter l'inévitable impact négatif sur l'économie à moyen terme » indiquait dans une note Thomas Meyer, analyste chez Deustche Bank. Car les mesures d'austérité vont peser en retour sur la croissance. La Deustche Bank prévoit une contraction de l'économie grecque de 4 % en 2010 contre 0,8 % prévus par le ministre des Finances. La Grèce pourrait bien connaître d'autres grèves cette année. n

par Robert Jules

Vos réactions
Commentaires sur l'article

Pseudo :

Vous avez un commentaire à faire sur cet article ? Faites en part en remplissant le champ suivant :

> retour haut de page

> Retour haut de page

Dernière Minute
Pages : 1 | 2 | 3 | 4 | 5

 Les plus commentés

 Les plus envoyés

 Les plus lus

Recherche d'emploi

Conférences et événements
Partenariats
Sponso

Pied de page :