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Source : La Tribune - 13/03/2010 | 23:00 - 507 mots  | 

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Les hedge funds, pomme de discorde entre Paris et Londres Lehman Brothers truquait ses comptes

Chronique de la City : un golden boy jeté en prison

Suite à une plainte du régulateur britannique, un ancien de Cazenove a été condamné à 21 mois de prison pour délit d'initié.

Eric Albert, correspondant à Londres. PHOTO : DR

« La City a peur », aurait dit feu le présentateur vedette de TF1 Roger Gicquel... La condamnation jeudi pour délit d'initié de Malcolm Calvert à 21 mois de prison ferme a jeté un froid dans le petit milieu des traders de Londres. Pour la première fois, la FSA (Financial Services Authority), le régulateur britannique, a attrapé un gros poisson. L'homme, aujourd'hui âgé de 65 ans, est un ancien partenaire de Cazenove (désormais propriété de JP Morgan), la banque de la Reine.

Depuis jeudi, il dort en prison, jeté au trou comme un vaurien. Son crime ? Une série de délits d'initié commis entre 2003 et 2005, concernant des offres publiques d'achat (OPA) sur de relativement petites entreprises : British Biotech, South Staffordshire, Johnston Group. Le bénéfice qu'il a dégagé à titre personnel est somme toute limité : 103 883 livres (environ 115 000 euros).

Poursuites pénales

A l'époque, Malcolm Calvert avait déjà pris sa retraite et quitté Cazenove. L'enquête n'a pas découvert d'où lui venaient ses informations, mais son ancienne banque était conseillère sur ces OPA. Cette condamnation est une victoire retentissante pour la FSA. Le régulateur qui a longtemps fait rire pour son impuissance face à un délit très difficile à prouver, a décidé voilà trois ans de se lancer dans des poursuites pénales (passibles de peines de prison). Les résultats commencent à se faire sentir avec trois condamnations en un an.

La première a eu lieu en mars 2009, avec la condamnation d'un avocat à huit mois de prison. La deuxième remonte à décembre dernier, quand un père et son fils, un ancien courtier stagiaire, ont été condamnés à 12 et 24 mois de détention.

Margaret Cole, en charge des délits financiers à la FSA, jubile : « les marchés fonctionnent sur l'honnêteté et la confiance, et le délit d'initié se moque de ces valeurs. Ajoutée aux deux cas précédents, cette condamnation prouve que nous ne tolérerons pas le délit d'initié. »

Déboires passés

Ce succès de la FSA fait oublier ses déboires passés. Le cas de Philippe Jabre en 2006 avait démontré que les condamnations à des amendes ne fonctionnaient pas. L'ancien gérant de GLG, un des principaux hedge fund de la City, avait été condamné à une amende record de 750 000 livres pour un délit d'initié sur la banque Sumitomo Mitsui. Sa réaction ? Il a tranquillement déménagé à Genève. Il y a monté sa propre boutique, Jabre Capital Partners, au succès indéniable : il vient de remporter deux récompenses aux EuroHedge Awards, et son hedge funds gère « plus de 4 milliards de dollars », selon son site internet.

Nouvelle tactique

Les condamnations à des peines de prison ferme changent la donne. D'autant que la FSA a employé dans le cas de Malcolm Calvert un nouvelle tactique : le recours à un complice, qu'elle a fait parler en l'amnistiant de son crime (à l'exception d'une amende pour rembourser le bénéfice dégagé lors du délit d'initié). Cette double capacité à faire parler des complices et à mettre les tricheurs derrière les barreaux risque d'en faire réfléchir plus d'un.

Eric Albert, à Londres

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