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Source : La Tribune - 13/03/2010 | 23:00 - 595 mots  | 

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On se fait une déjeunette, ou bien tu...

Les filières technologiques, prochaine étape de la réforme du lycée

Le ministère doit présenter aux syndicats la réforme des filières STI et STL fin mars. Objectifs : mieux la différencier de la voie professionnelle et développer les débouchés dans l'enseignement supérieur.

Luc Chatel, ministre de l'Education Nationale. PHOTO : AFP

C'est l'oubliée de la réforme du lycée. Alors que celle-ci a été largement médiatisée mi-2009, il faudra attendre la fin du premier trimestre 2010 (La Tribune du 30 janvier 2010) pour connaître les détails de la rénovation de la filière technologique, en l'occurrence les séries STI (sciences et technologies industrielles) et STL (sciences et technologies de laboratoires). Une réforme pour le moins urgente quand on sait que ces dernières n'ont pas évolué depuis 1993, alors que les séries STG (sciences et technologies de gestion) et ST2S (santé et social) ont respectivement été rénovées en 2005 et 2007. « La rénovation de la STG donne de bons résultats », observe Thierry Cadart. Selon le secrétaire général du Sgen-CFDT, l'ex-bac G, ce « bac à bon marché dans un lycée poubelle » décrié par Michel Sardou « est moins vécu comme une voie de relégation ».

Effectifs en baisse

Car c'est bien l'un des problèmes des séries technologiques : elles sont perçues comme destinées aux mauvais élèves de la voie générale. Qui plus est, «historiquement, la création du bac professionnel [ndlr : en 1987] a percuté la filière technologique qui cherche sa place » et manque de lisibilité avec ses 17 spécialités. Thierry Reygades, secrétaire national du Snes-FSU (second degré) en charge des « enseignements technologiques », tempère ce jugement : « Alors que le bac professionnel permet d'accéder directement à un métier et que la voie générale couvre des champs académiques, la voie technologique se positionne sur des champs d'activité économiques et sociales et débouche sur une formation supérieure professionnalisante courte ». Mais le bac technologique ne fait plus recette (131.000 bacheliers en 2008 contre 148.500 en 2000) alors que les bacheliers professionnels, de plus en plus nombreux (99.500 en 2008, soit 20 % des bacheliers, contre 90.000 en 2000), poursuivent de plus en plus en BTS ou en licences professionnelles. Et cette tendance devrait s'accentuer avec la réforme du bac pro en 3 ans à la rentrée 2009

Lutter contre la désaffection

D'où la nécessité de revaloriser les séries technologiques. Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, doit soumettre son projet aux syndicats les 25 mars et 1er avril pour une entrée en application à la rentrée 2011 (classe de première). Mais dores et déjà il en a reprécisé le contenu jeudi. Les enseignements généraux, qui devraient être portés de 40 % à 60 %, feront l'objet d'un tronc commun, avec deux langues obligatoires contre une aujourd'hui. Les 17 spécialités, « entièrement repensées » pour ne plus « enfermer les élèves dans des trajectoires souvent irréversibles » seront réduites à deux en STL (biotechnologies et sciences physiques et chimiques appliquées en laboratoire) et à quatre en STI (innovation technologique, numérique, énergies, architecture et construction). « L'architecture générale de la réforme du lycée conduit , avec l'instauration des 2 heures d'accompagnement personnalisé, à la perte d'un quart des enseignements technologiques », critique Thierry Reygades, qui craint que le regroupement de certains enseignements ne soit qu'un prétexte pour supprimer des postes. « Cette rénovation peut s'avérer cruciale pour lutter contre la désaffection des filières scientifiques et techniques en France. Il s'agit de développer un vivier potentiel pour l'enseignement supérieur », objecte Thierry Cadart.

De fait, l'objectif de Luc Chatel, qui veut « diversifier les parcours d'excellence au lycée », est bien celui là. Encore faut-il que l'enseignement supérieur joue le jeu. Le comité interministériel à l'égalité des chances de novembre 2009 a d'ailleurs décidé d'ouvrir 20 nouvelles classes prépas technologiques. Certaines grandes écoles prestigieuses, telle Polytechnique, ont entamé un travail pour leur faire une plus grande place.

Clarisse Jay

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