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Source : La Tribune - 16/03/2010 | 23:00 - 286 mots  | 

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Outre-Rhin, l'obsession de la compétitivité

Paris critique le  modèle allemand

Christine Lagarde a levé un tabou : l'Allemagne exporte au détriment de ses voisins. La France n'a qu'à faire des réformes, rétorque Berlin.

Christine Lagarde, France's finance minister, speaks to journalists March 13, 2010 at the Lycee Francais in New York. Lagarde was being honored by the Lycee Francais for her contributions to the French and French-American communities. AFP PHOTO/Stan Honda

En indiquant lundi dans le « Financial Times » que l'excédent commercial de l'Allemagne pourrait ne pas être « soutenable » sur le long terme, en particulier pour ses voisins de la zone euro, Christine Lagarde, ministre de l'Économie, aurait-elle levé un tabou ? La semaine dernière, le Premier ministre, François Fillon, avait lui aussi rappelé à Berlin la nécessité de mieux étudier « les déséquilibres de modèle de croissance, les déficits et les excédents disproportionnés de balance des paiements courants et les évolutions de compétitivité ». Des instituts comme l'OFCE, et nombre d'économistes, même outre-Rhin, ont pointé les dangers du modèle mercantiliste de l'Allemagne. Cette sortie, contrôlée ou non, de la ministre de l'Économie illustre parfaitement la volonté de la France de remettre à plat la gouvernance de la zone euro pour que celle-ci retrouve le chemin de la croissance. Elle s'inscrit dans le débat ouvert sur les solutions à apporter à la crise née du dérapage des comptes publics de la Grèce, membre de la zone euro, sur lequel les ministres des 16 pays membres planchaient lundi. Bruxelles a d'ailleurs emboîté le pas au ministre français de l'Économie. Le commissaire européen à la Concurrence, l'espagnol Joaquin Almunia, a indiqué qu'il fallait « faire attention aux [...] déséquilibres », comme ceux de la balance des paiements ou ceux causés par le coût unitaire du travail, « et aussi aux pays qui ont des excédents ».

Le porte-parole d'Angela Merkel, la chancelière, a rétorqué : « Il est plus profitable de réfléchir ensemble à une stratégie de croissance, plutôt que d'obliger certains à se retenir artificiellement. » De son côté, le ministre de l'Économie Brüderle, dans un entretien à paraître mardi matin dans la « Frankfurter », qualifie d'« injuste » l'accusation, et pointe l'impéritie française : « Les réformes structurelles nécessaires pour retrouver la compétitivité sont très douloureuses », déclare-t-il. n

Par Fabien Piliu

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