Journal / Editos et opinions
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Source : La Tribune - 20/02/2010 | 23:00 - 317 mots  | 

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L'éditorial de Muriel Motte : Le signal de Bernanke Derrière les mots de Xavier Darcos

L'éditorial de Jean-Baptiste Jacquin : Cyber dissuasion et ligne Maginot

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La France qui vient de commémorer l'explosion de sa première bombe atomique, il y a 50 ans, a construit depuis une stratégie de la dissuasion, comme les autres puissances nucléaires. Mais cette science militaro diplomatique risque bien d'être obsolète à l'heure ou la cyber-guerre passe de la science fiction à la réalité. L'affaire Google, dont le service de courrier électronique a fait l'objet d'une attaque venue de Chine en témoigne. Les experts américains de la sécurité militaire laissent filtrer aujourd'hui des informations accréditant la thèse d'une attaque en bonne et due forme préparée par des « pirates » proches de l'armée chinoise.

Mais à ce niveau, la différence entre cyber-pirates et cyber-militaires est impossible à établir. Avant même cette affaire Google, le Pentagone avait réalisé début janvier un exercice de simulation d'une cyber attaque ayant pour objectif la paralysie du réseau électrique américain. Le " New York Times " en a résumé il y a quelques semaines les conclusions : « L'ennemi avait tous les avantages : furtivité, anonymat, imprévisibilité. Personne n'est arrivé à localiser le pays d'où venait l'attaque, d'où l'impossibilité de prévenir efficacement de nouveaux dégâts en menaçant l'ennemi de représailles ».

En guise de bilan, le ministre adjoint à la défense qui supervisait cet exercice n'a pas trouvé mieux dans sa mémoire de stratège que la Ligne Maginot française, de triste mémoire. Mais on ne peux être plus clair. Tous les pare-feu imaginés seront vains le jour J. Ces angoissants constats sont un chèque en blanc pour une course au « cyber-armement ». Et l'histoire nous a montré combien il était difficile de ralentir une telle course.

Une vingtaine de pays dont la France, les Etats-Unis, la Chine ou Israël s'y sont déjà lancés, prévenait à Davos le patron d'un groupe américain de logiciels de sécurité (McAfee). Il serait temps de prendre au sérieux les appels en faveur d'un traité international de cyber-paix.

Jean-Baptiste Jacquin

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