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Le Medef veut écarter la menace « class action »

latribune.fr  |   -  363  mots
Le Medef prend les devants. Alors que ce mercredi, Hervé Novelli, secrétaire d'État au Commerce, installe la Commission de la médiation de consommation, le mouvement patronal ne veut surtout pas entendre parler du retour des « class action » à la française. « Le débat sur la nécessité d'instaurer un dispositif d'action de groupe comparable à celui en vigueur aux États-Unis est toujours présent. Si plusieurs cas de litiges graves apparaissent subitement entre des consommateurs et une entreprise, nous ne sommes pas à l'abri d'une initiative individuelle de la part d'un parlementaire ou de la part d'une des dix-sept associations de consommateurs recensées en France », explique Loïc Armand, le président de la Commission consommation du Medef. Choyer leur offreCréée en septembre, elle est chargée de construire la doctrine de l'organisation patronale vis-à-vis de la consommation. Pour circonscrire la menace, le Medef s'est donc immiscé dans les débats organisés jusqu'ici entre les pouvoirs publics et les associations de consommateurs. « Nous sommes arrivés comme un chien dans un jeu de quilles », admet Loïc Armand. « Certes, pour éviter les litiges, il faut que les entreprises se préoccupent de la qualité de leur offre et de la qualité des relations qu'elles entretiennent avec leurs clients. Mais il faut surtout qu'elles mettent l'accent sur le dialogue. Une action de groupe à l'américaine, qui prévoit des sanctions pouvant provoquer la disparition d'une entreprise, est inefficace. Cela prend du temps et n'apporte aucun enseignement à l'entreprise qui ne cherche qu'à se défendre. Elle n'enrichit que les avocats », estime-t-il.Le Medef pousse donc au développement de la solution de la médiation privée que les entreprises elles-mêmes, les secteurs, voire les territoires peuvent mettre en place. Certaines, comme BNP Paribas, la SNCF, Axa ont déjà mis des médiateurs à la disposition de leurs clients. Des médiateurs dont l'impartialité serait sans faille. « Il faut que les entreprises se mettent dans la tête que de bonnes relations avec leurs clients est un élément de compétitivité indéniable », poursuit Loïc Armand. Une solution amiable préconisée aussi par Bercy. Fabien Piliu
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