Le contribuable à la rescousse de sa banque centrale

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Ce n'est qu'une phrase dans la déclaration finale des chefs d'Etat de la zone euro lors du Conseil européen de vendredi dernier. Mais elle pourrait peser plusieurs milliards d'euros dans les comptes publics des seize Etats de la monnaie unique. Ces dirigeants européens déclarent en effet « être déterminés à garantir l'indépendance financière des banques centrales de l'Eurosystème », c'est-à-dire de la Banque centrale européenne (BCE) et des seize banques centrales nationales des pays ayant adopté l'euro, à l'instar de la Banque de France.Cela rappelle que les contribuables des Etats membres doivent renflouer la banque centrale de leur pays (par exemple les Français pour la Banque de France) si elle n'était plus suffisamment capitalisée pour continuer sa mission.Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a pris soin de faire répéter cette obligation aux chefs d'Etat lors du dîner de jeudi soir. Le matin même, il avait acté avec ses homologues du Conseil des gouverneurs de la BCE le doublement du capital de la banque, grâce à une injection de 5 milliards d'euros venant des banques centrales nationales (711 millions pour la Banque de France). Couvrir les pertesJean-Claude Trichet s'inquiète de couvrir les pertes éventuelles qu'encourent la BCE et, par ricochet, les banques centrales nationales de la zone euro, si les obligations de la Grèce, de l'Irlande, du Portugal et de l'Espagne, qu'elles ont achetées pour 72 milliards d'euros depuis mai pour aider ces Etats membres, n'étaient pas remboursées. Aussi, la BCE a rappelé, dans un avis du 9 décembre dernier à propos du doublement du capital de la Banque de France (« une opération comptable ne modifiant pas ses fonds propres », selon une source proche de l'établissement), que, « dans l'éventualité où le capital de la banque centrale nationale deviendrait inférieur à son capital statutaire, voire négatif, l'Etat membre concerné serait tenu de [la] pourvoir des fonds nécessaires dans un délai raisonnable afin de respecter le principe d'indépendance financière ».Dès lors, le contribuable paierait aussi cette note d'une faillite d'un Etat de la zone euro, comme la Grèce ou l'Irlande, jusqu'ici secouru par la BCE et ne pouvant plus rembourser ses emprunts. Frank Paul Webe

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