La Tribune

Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel

latribune.fr  |   -  351  mots
En décembre 1994, alors que le Tout-Paris politique se détournait de Jacques Chirac, candidat improbable à la présidentielle face à la toute-puissance d'Édouard Balladur, le maire de Paris plaisantait avec Jean-Louis Debré : « Si jamais on ne gagne pas cette élection, tous les deux on ouvre une agence de voyages. Toi, tu la tiendras, et moi, je voyagerai... »La suite a prouvé que les sondages avaient tort et le fils de Michel Debré a accompagné les deux mandats de Jacques Chirac, d'abord comme ministre puis comme président de l'Assemblée nationale. Avant d'être nommé à la tête des sages de la rue de Montpensier début 2007, juste avant l'élection de Nicolas Sarkozy, l'ancien adversaire honni du camp balladurien. Quelques mois plus tard, Jean-Louis Debré et Jacques Chirac se sont retrouvés au Palais-Royal.Dans une interview publiée cette semaine dans le magazine « Snatch », le président du Conseil constitutionnel confie qu'il met la touche finale à un roman « qui parle de rivalités politiques à la fin du second mandat du président de la République ». Mais, dans la vraie vie, Jean-Louis Debré joue les perturbateurs au fil du premier mandat de Nicolas Sarkozy. Ce qui lui a valu d'être durement critiqué par le premier cercle du chef de l'État. « Quand le président du Conseil constitutionnel est un homme politique qui s'est vivement opposé au président en exercice, cela nuit à l'autorité prise par l'institution, et c'est dommage », a déclaré le ministre de la Relance, Patrick Devedjian, après la censure du texte sur la taxe carbone, fin 2009.Jean-Louis Debré nie jouer un rôle d'opposant à Nicolas Sarkozy. Dans une interview à « L'Express », il expliquait ainsi se situer « dans une tradition d'indépendance et d'autorit頻 des « sages ». « C'est vrai que par le passé je n'étais pas favorable à Nicolas Sarkozy. Mais je ne suis pas le seul ! Regardez son gouvernement ; d'autres qui l'ont combattu en font partie ! Et je suis parfaitement républicain », soulignait ce magistrat de formation, qui s'inscrit politiquement dans la tradition gaulliste, « ni de droite ni de gauche ». Hélène Fontanaud
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