C'est la fin d'un cycle vieux de trente ans. Depuis le tournant libéral des années Reagan et Thatcher, l'idéologie dominante a sanctifié la baisse de l'impôt comme arme de politique économique, avec pour argument principal l'idée de récompenser le mérite, le talent individuel et la création de richesse. Un économiste, Laffer, a inspiré tous les gouvernements occidentaux, au nom du « trop d'impôt tue l'impôt », illustré par sa fameuse courbe en cloche. Ce credo simpliste, mais efficace, a entraîné tous les pays développés dans une compétition fiscale acharnée qui a eu pour effet de faire converger les taux marginaux d'imposition vers une moyenne de 40 %. Cette époque est révolue. En Allemagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis désormais, le nouveau consensus mondial est à faire payer plus les riches, en relevant les taux d'imposition. Ce retournement de tendance n'est pas conjoncturel, comme cherche à le faire croire Nicolas Sarkozy en présentant comme « temporaire » la taxe de crise de 3 % sur les très hauts revenus qui sera votée dans le...
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Si même les riches le réclament...
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