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Source : La Tribune - 25/06/2010 | 23:00 - 366 mots  | 

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Une pilule anti-OPA difficile à doser

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Société Générale et Eiffage restent des exemples isolés de soutien au management par les salariés.

Des salariés d?Eiffage en 2007. Cette année-là, la force de l?actionnariat salarié du groupe<br />de BTP a contré l?attaque de Sacyr.<br />(Photo Bloomberg)

Les résolutions présentées lors des assemblées générales d'actionnaires sont en général adoptées dans un belle unanimité. Seule exception : la résolution en faveur du dévelopement de l'actionnariat salarié, le plus souvent rejetée. Depuis la loi Fabius de 2001, les sociétés dont les salariés détiennent moins de 3 % de leur capital sont en effet tenues de présenter ces résolutions à leurs actionnaires. Mais les bons sentiments n'ont guère leur place dans la vie des affaires. Rares sont les sociétés ayant un actionnaire de référence qui font le choix de réserver des augmentations de capital à leurs employés.

Le soutien du législateur

Malgré tous les soins réitérés du législateur qui est revenu soutenir cette ambition nationale avec la loi Fillion de 2003, la loi Breton de 2006 puis à nouveau en 2008, les mises en touche de ces votes oblitatoires se succèdent. Thierry Breton, alors ministre des finances, dénonçait le fait que « seuls 1,2 % des Français déclarent détenir des actions de leur entreprise et il n'y a que huit sociétés du CAC 40 qui comptent plus de 5 % d'actionnaires salariés dans leur capital ». Cela reste d'actualité en 2010. Lors de la création des fameux « bons Breton » permettant aux sociétés cibles d'une OPA inamicale des émissions de capital réservées pour assurer « leur défense », tout le monde gardait mémoire le rôle des salariés de la banque Société Généralecute; Générale dans l'échec de l'OPA de la BNP en 1999. Les employés avaient soutenu Daniel Bouton sans répondre à l'OPA. Mais les 7 % du capital aux mains des salariés leur permettait de peser bien plus que les 3 % suggérés par la loi Fabius.

Eiffage est l'autre cas où le management s'est appuyé sur ses salariés, lorsque l'Espagnol Sacyr a tenté d'en prendre le contrôle en 2007. Exemplaire soit, mais au début des années 90, les assauts du promoteur Pelège sur l'ancêtre d'Eiffage, la SAE, avaient rencontré le même échec. C'est alors que le groupe a reconnu les vertus de cette pillule anti-OPA, dont la posologie se révèle si délicate à doser. La présence de salariés dans le tour de table de Pechiney, d'Arcelor, et d'APRR n'a en rien contrarié l'appétit des prédateurs.

Christophe Tricaud

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