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Journal / 10-11

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« Partager la valeur est une question de confiance ! »

Pour Philippe Milliet, président-directeur général du groupe Consolis, le partage de la plus-value avec les salariés de l'entreprise est une question de confiance mutuelle.

philippe milliet, pdg de consolis

Comment Consolis partage-t-il la plus-value créée par le groupe avec ses cadres ?

Dès notre premier LBO, sur la société Bonna Sabla en 2002, nous voulions associer un certain nombre de cadres à l'opération. La plupart d'entre eux hésitaient, car ils avaient été échaudés par le plan d'épargne entreprise (PEE) de Vivendi et Veolia, maisons mères de Bonna Sabla. Pendant un an, notre partenaire Axa Private Equity a porté les actions que 55 cadres ont rachetées quand ils ont été rassurés sur la solidité de l'entreprise et son avenir. Ce nombre d'« investisseurs maison » est passé à 90 en 2005, au moment de la revente à IK Investment Partners, puis à 180 lors de la fusion avec Consolis Oy, opérations qui ont donné naissance au groupe.

En 2007, lors de la cession à LBO France, IK et les managers ont abandonné une partie de leur plus-value pour créer un fonds, qui a permis de distribuer aux 8.000 salariés du groupe une prime équivalant à un mois de salaire. Nous avons ensuite étendu l'actionnariat interne puisque 400 cadres du groupe détiennent maintenant 40 % des actions aux côtés de LBO France, qui est majoritaire.

Pensez-vous que cela a un impact sur la perception de l'entreprise par les salariés ?

Pour les cadres, cet engagement est un signe fort de leur confiance dans le montage LBO et dans les dirigeants et les financiers qui l'ont conçu. De plus, cela soude les équipes de management. Et la fierté d'être actionnaire met souvent l'espoir de gain « entre parenthèses »? jusqu'à la prochaine cession !

Avez-vous mis en place d'autres instruments ?

Nous avons étudié la possibilité d'étendre l'actionnariat à tous les salariés du groupe via des formules d'achat différé et d'abondement par l'entreprise. Mais les complexités juridiques et fiscales de ces montages à l'échelle des 25 pays où nous sommes présents, sans oublier le coût de mise en place, nous ont fait renoncer à cette approche. Heureusement ! Il serait bien difficile en cette période de crise d'expliquer à des milliers de salariés que leur investissement a perdu une bonne partie de sa valeur, même temporairement ! En revanche, ils nous ont fait entièrement confiance quand nous nous sommes engagés personnellement et au nom de notre actionnaire financier à leur rétrocéder une part de la plus-value lors de la prochaine revente.

Si c'était à refaire, procéderiez-vous différemment ?

Une amie, qui dirige l'un des plus grands fonds d'investissement français, a dit un jour qu'il lui paraissait normal qu'environ 5 % de la plus-value soient systématiquement réservés aux salariés des sociétés en LBO. Un ancien président de la République avait quant à lui évoqué le chiffre de 20 %. Une part entre 12 % et 15 % ne me paraît pas anormale. Cela permet de faire réellement participer tous les salariés à la création de richesse tout en maintenant un niveau de retour tout à fait acceptable pour les investisseurs. Enfin, cet actionnariat contribuerait peut-être à améliorer l'image du private equity, souvent soupçonné d'être « greedy » (cupide)?

Propos recueillis par Sophy Caulier

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