Il arrive aux Français de se tromper. À l'été 2009, 55 % d'entre eux désapprouvaient l'idée d'un grand emprunt national, lancée par Nicolas Sarkozy devant le Congrès de Versailles, pour « financer les investissements d'avenir ». Deux ans après, force est de constater que le gouvernement a réussi une improbable alchimie. Du calendrier du grand emprunt à son montant, de sa gouvernance à son mode de répartition, peu de choses prêtent aujourd'hui à vraies critiques. Annoncé en pleine crise financière, il atténue l'extinction des effets du fameux plan de relance lancé en décembre 2008. Fixé à 35 milliards d'euros, dont 22 seulement financés réellement par emprunt, il n'a pas dégradé la signature de la France et a évité d'alourdir trop ostensiblement le déficit public au sens du Pacte européen de stabilité. La décision de confier sa gestion opérationnelle à un commissaire général, René Ricol, et la sélection des projets à des jurys internationaux a contraint des initiatives mal bâties...
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Grand emprunt, un chèque pour l'avenir
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