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http://www.latribune.fr/journal/edition-du-2901/editos-et-opinions/350305/villepin-chevalier-sans-peur-de-l-antisarkozysme.html
« Vous me demandez de parler de moi, mais ce n'est pas possible ! C'est comme si vous demandiez à un chef de réseau de vous relater sa vie quotidienne entre 1940 et 1944. S'il le fait, il est mort et avec lui ceux qui se battent à ses côtés? » C'est par cette phrase que s'ouvre « Villepin, la verticale du fou », le livre que consacre chez Flammarion la journaliste du magazine « Le Point » Anna Cabana à l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac. Et tout est déjà dit ou presque. La France de Nicolas Sarkozy est comparable à la France occupée et Dominique de Villepin résiste? comme le petit village d'Astérix.
Anna Cabana raconte que l'union des droites, la réconciliation entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, a failli intervenir durant l'été 2008. L'ancien secrétaire général de l'Élysée a cru à la promesse que lui avait faite le chef de l'État. « On va travailler ensemble »? Et puis le ciel lui est tombé sur la tête le 7 octobre 2008 quand le procureur de Paris a requis son renvoi devant le tribunal correctionnel dans l'affaire Clearstream. « Depuis, Nicolas Sarkozy n'a pas cherché à me contacter », déclare Dominique de Villepin dans le livre. Depuis, le chef de l'État a parlé de « coupables » dans ce dossier où il est partie civile et la haine s'est développée, tranquille.
Tout au long des audiences du procès Clearstream, Dominique de Villepin s'est appliqué à compter les 144 lampes de la salle du tribunal. Et s'est souvenu d'Apollinaire, le poète « flanqué de deux policiers », accusé à tort du vol de « la Joconde ». L'affaire s'était terminée par un non-lieu?
« À la faveur de ce procès censé l'effacer de la scène publique, Dominique de Villepin s'est érigé en héros de l'antisarkozysme », écrit Anna Cabana, pour qui « l'offensé a le choix des armes ». « Villepin affronte un président de la République qui ne s'arrêtera pas au premier sang. S'il ne veut ?pas ressembler à un mauvais Cyrano?, comme il le dit, il va devoir choisir entre la noblesse de l'épée, l'efficacité du pistolet et la magie de la poésie. »
Depuis un an et demi, Dominique de Villepin tire à boulets rouges sur la politique de Nicolas Sarkozy, alignant dans sa cible aussi bien les décisions économiques que le débat sur l'identité nationale. Pour lui, l'artisan de la « rupture » n'est finalement qu'un adepte de « l'immobilisme ». Fin octobre 2009, réunissant un millier de ses partisans à la Maison de l'Amérique latine, à Paris, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac avait appelé à bâtir une « alternative ». Pour Anna Cabana, si Dominique de Villepin « se résout à faire de la politique, la cohérence l'oblige à être candidat en 2012 » face au président sortant. Et à refuser les « offres pacificatrices » éventuelles de Nicolas Sarkozy, « qui cherchera à éviter ce que lui prédit son ami le publicitaire Jacques Séguéla : Villepin sera ton Chevènement ! » Hélène Fontanaud
« Villepin, la verticale du fou », d'Anna Cabana. Flammarion (188 pages, 16 euros).
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