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http://www.latribune.fr/journal/edition-du-2901/politique-internationale/354869/obama-compte-rebondir-en-se-recentrant-sur-l-emploi.html
Barack Obama a bien reçu le message adressé par ses compatriotes dans les sondages et à l'occasion de la défaite du parti démocrate dans le Massachusetts. Pour son discours sur l'état de l'Union, l'hôte de la Maison-Blanche, combatif malgré une cote d'approbation ayant chuté autour de 50 %, a promis de redéfinir ses priorités : il privilégiera la création d'emplois en 2010, puis la réduction du déficit fédéral à partir de 2011, sans toutefois renoncer, dans l'ordre, à ses réformes de la finance et de l'assurance santé, menacées depuis que les démocrates ont perdu leur majorité qualifiée au Sénat la semaine dernière.
« L'emploi sera notre priorité numéro un en 2010 », a clamé le président, alors que les critiques fusent sur son plan de relance à 787 milliards de dollars, dont 8 milliards attribués jeudi pour développer un réseau de voies ferrées à grande vitesse. Selon la Maison-Blanche, ce plan aura au total « préservé et créé » 3,5 millions d'emplois d'ici à la fin 2010. Mais il n'a pas empêché la destruction de 4,6 millions d'emplois en 2009, et a creusé le déficit fédéral, attendu à 1.350 milliards pour l'exercice fiscal 2010. Obama va donc intensifier sa lutte contre le chômage, qui s'affiche à 10 %. « Je veux sans tarder une loi sur l'emploi », a déclaré le président, saluant l'adoption d'un plan de 155 milliards de dollars par la Chambre des représentants pour stimuler la création d'emplois en exhortant le Sénat à la suivre. Dans son discours, Obama a choyé les PME, dont il veut baisser les impôts lorsqu'elles « embauchent ou augmentent les salaires ». Le président compte aussi puiser 30 milliards de dollars « remboursés par Wall Street » dans le cadre du plan de soutien à la finance (Tarp) afin d'encourager les banques régionales à prêter davantage aux PME. Il souhaite par ailleurs doubler les exportations de son pays d'ici à cinq ans afin de « soutenir deux millions d'emplois ».
budget fédéral gelé sur 3 ans
Bien qu'il ait appelé le Congrès à mettre fin à ses querelles partisanes, Obama risque d'éprouver des difficultés à le convaincre d'adopter ses réformes controversées avant les élections de mi-mandat en novembre. Le gouverneur républicain de Virginie, Bob McDonnell, a estimé que le gel confirmé par Obama de 15 % du budget fédéral sur trois ans était « louable » mais insuffisant car il ne permettrait que d'économiser 250 milliards de dollars d'ici à 2020. Plus virulent, le leader de l'opposition à la Chambre, John Boehner, a déploré que les Américains n'aient « eu droit qu'aux mêmes politiques destructrices d'emplois ».
L'hôte de la Maison-Blanche a rappelé aux démocrates, notamment conservateurs, qu'ils disposaient « toujours de la plus vaste majorité depuis des décennies » et pouvaient donc adopter les réformes promises de la finance et de la santé. Présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi a beaucoup applaudi le président. Mais peu avant son discours, cette élue progressiste a prévenu que le gel des dépenses qu'il envisage ne devait pas épargner l'armée. Le président a qualifié 2009 d'« année difficile », mais malgré l'enthousiasme qu'il affiche, 2010 promet d'être éprouvante. n
par Éric Chalmet, à New York
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