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La Tribune.fr - 23/03/2009 Ã 17:32 - 474 mots

Avec sa trogne de gros bébé, ses cheveux bouclés et ses mains potelées il est resté toute sa vie l’enfant qu’il rêvait d’être. Le rire dans le regard. La facétie comme compagne. C’est ainsi qu’Alexandre Calder ouvre les portes de Beaubourg avec cette innocence vraie des grands génies, pour une exposition magnifique consacrée à ses années parisiennes. Fils d’artistes, Calder, américain d’origine a toujours bricolé. Enfant, déjà, dans sa cave il imaginait des personnages et des histoires pour les faire vivre. Cette âme, joviale et enjouée, il ne la perdra jamais.
A Paris, en 1926, il fabrique de ses mains un cirque, non seulement avec piste, chapiteau, mais avec tous les artistes et les animaux qui l’habitent. Et cela à l’aide de bouts de ficelles, de récupération, de bouchons, de tissus, de fragments de bois, qu’il taille, façonne, peint. Et qu’il anime en grand marionnettiste avec ressorts et fils. Cela bouge, ça saute, ça voltige. Un enchantement.
Ce cirque tout le monde en parlait, mais on le connaissait surtout à travers un film de Jean Painlevé. Le voici aujourd’hui là, devant nous, à Beaubourg. Un joyau d’inventions et de drôlerie. Calder en avait fait don au Whitney museum en 1970. Et il n’a jamais été prêté depuis cette date.
Mais il ne faut pas limiter son travail à ce seul cirque. C’est d’abord et avant tout un sculpteur de l’espace. Avec un fil de fer, il vous dessine une silhouette (Josephine Baker), un visage (Joan Miro) des scènes de gymnastique. Tout ce que l’on peut imaginer. Il faut le voir à travers un film muet faire le portait de Kiki de Montparnasse devant elle. La grâce, la légèreté naît de ses mains. Le rêve aussi. Il y a là la trace d’un désir, d’une volupté, auquel s’ajoute la pureté de la ligne.
L’espace, Calder l’a aussi affronté avec ses "Mobiles", nom que Duchamp donna à ses sculptures, et qui ont fait sa célébrité. Toujours en équilibre agités par un souffle, un soupir, un mouvement. Tâches de couleurs comme un soleil lointain, tiges qui s’agitent avec la force du hasard. Instant fragiles ou tout bascule dans une beauté en mouvement. Cet éternel joueur de formes n’a jamais dit son dernier mot. Il s’amuse, toujours et encore.
Alors il crée des figures minérales, comme trouvées à l’aube de l’humanité. Encore vierges. Et il les pose là dans l’évidence d’un geste. Et en fait dès lors les instruments d’un rêve qui ne s’arrête jamais. C’est cela l’enfance de l’art.
Alexandre Calder, les années parisiennes (1926-1933). Centre Georges Pompidou, Paris 4ème, tél. : 01 44 78 12 33. Tous les jours sauf mardi, de 11h à 21h. Jusqu’au 20 juillet.
A voir également Gouaches et Couleurs d’Alexandre Calder.
Artcurial, Hôtel Dassault, 7 rond-point des Champs-Elysées du lundi au samedi de 10h30 à 19h. Jusqu’au 10 avril.
Jean-Louis Pinte
Editions Dilecta a écrit le 27/03/2009 à 23:34 :
A Noter: sortie de deux ouvrages consacrés à Calder aux Editions Dilecta. Il s'agit d'Animal Sketching" publié en 26 par Calder et "Calder, l'impossible réalisé", portrait de l'artiste fait par Alain Jouffroy. POur plus de renseignements: www.editions-dilecta.com
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