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La Tribune.fr - 27/04/2009 Ã 12:59 - 226 mots

Les Bretons le connaissent bien. Le reste de la France, moins. Valérie Sueur-Hermel, commissaire de la rétrospective Henri Rivière (1864-1951) à la BNF, espère bien «faire redécouvrir cet artiste qui a connu un succès au début du XXe siècle mais qui depuis est tombé dans l’oubli.
Si Rivière est connu en Bretagne, c’est qu’il en a rendu - par des gravures sur bois, des aquarelles, des lithographies et des eaux-fortes - des paysages somptueux. Sa particularité stylistique émane d’une passion pour l’estampe japonaise. L’exposition propose d’admirer ses œuvres au regard de celles d’Hokusai ou d’Hiroshige. On y retrouve une composition similaire et une même force dans les détails et dans les dégradés de couleurs. Parmi les quelque 200 œuvres exposées, l’une des plus belles est un ensemble de quatorze aquarelles dont chacune décline subtilement le même boqueteau de pins sous une lumière qui varie au gré des heures du jour et des saisons.
Consacrée aux aquarelles tardives qui se veulent plus réalistes, la fin du parcours ne dégage pas le même éclat. Elle illustre des années de déclin, alors que Rivière vient de perdre sa femme et que sa vue dégénère. Dans ses mémoires, il raconte: «Le 6 novembre 1944, je fus arrêté d’un coup dans mon travail. Brusquement mes yeux me refusaient tout service. Ce qui m’avait passionné toute ma vie venait de m’être interdit sans rémission».
Olivier Le Floc'h
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