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L'œuvre de Vincent Van Gogh s'expose à Bâle

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Le Kunstmuseum de Bâle présente un ensemble unique de paysages de Van Gogh qui retracent en 70 tableaux l'évolution de sa carrière. Une première mondiale.

vincent van gogh

L’humeur est triste, maussade. Les tons sombres : marron, gris, noir. Van Gogh a 30 ans lorsqu’il commence à peindre dans son village de Nuenen en Hollande. Une peinture qui a du mal à naître. Elle capte la nature dans ce qu’elle a de plus rude, presque sans vie. Une peinture classique, presque banale. Celle d’un artiste tout imprégné de l’Ecole de La Haye et de maîtres tels Ruysdael. Comment soupçonner dans ces paysages le peintre qu’il va devenir ? Comment va-t-il y arriver ? C’est ce parcours que propose le Kunstmuseum de Bâle en 70 tableaux. Un périple de la Hollande à Auvers-sur-Oise, en passant par Paris, Arles et Saint-Rémy de Provence.

Est-ce qu’il étouffe à Nuenen ? En tout cas, Van Gogh se rend à Paris où il rencontre les Impressionnistes et Gauguin. Et brusquement sa peinture s’éclaire. En témoigne ce "14 juillet" avec ses touches de couleurs multicolores qui traduisent dans son effervescence l’idée de la fête. Mais Paris, c’est aussi la campagne toute proche. En particulier Asnières et la Seine. L’eau sous les ponts vibre du bleu du ciel qui s’y reflète, les coquelicots chantent l’été dans des champs de blé agités par le vent.

A cette ambiance bucolique répondent les toits rouges des usines des quais de Clichy. Mais il faut encore plus de lumière, de soleil, d’enchantement à Van Gogh. Alors il part pour Arles. Là il peint la nature dans sa beauté première. D’où cette sorte de mélancolie qui se dégage de ses tableaux de vergers, d’abricotiers en fleurs. La joie de vivre s’immisce dans sa peinture. Puis une rage s’empare de lui. La peinture semble germer dans la terre. Et sortir en une explosion de couleurs.

A Saint-Rémy de Provence, cette rage se transforme en tourmente. Van Gogh entraîne la nature dans un maelström de formes, d’éclats violents, de vagues de lumière. Comme si cette nature, il la provoquait à son tour. L’apaisement va revenir paradoxalement à Auvers-sur-Oise où il rejoint le docteur Gachet qui s’occupe de lui. Les paysages semblent comme apaisés. La douceur se glisse là où on ne l’attend plus. Une joie émerge de ses tableaux. Tout est peint, la terre le ciel. Trompeuse sérénité. Van Gogh meurt en juillet 1890 après une tentative de suicide. Il a 37 ans.

 

 

"Vincent Van Gogh. Entre terre et ciel, les paysages", au Kunstmuseum, 8, Case postale CH-4010 Bâle, Suisse. Tél. : +41 61 206 62 62. Tous les jours sauf lundi, de 9 h à 19 h. Jusqu’au 27 septembre. www.vangogh.ch

 

Jean-Louis Pinte

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