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Angoulême célèbre son musée de la bande dessinée

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Riche d'une collection de 8.000 œuvres, le musée nous plonge dans l'histoire du neuvième art, de Bécassine à Tardi.

Spiderman

Huit ans que le projet était dans les cartons. Le voilà enfin réalisé. La ville d’Angoulême a inauguré samedi dernier son nouveau musée de la bande dessinée. Sur la passerelle qui traverse la Charente et qui mène au bâtiment signé Roland Castro, une statue en bronze de Corto Maltese nous accueille, tête levée au vent, regard pointant vers les nuages. On retrouvera le héros d’Hugo Pratt à l’intérieur du musée, au sein d’un parcours chronologique qui retrace les moments clés de l’histoire du neuvième art.

La collection permanente se découvre dans une vaste salle remplie de tables-vitrines qui renferment les trésors : planches originales, croquis, revues, objets dérivés...

Un siècle et demi de création, principalement francophone et nord-américaine, qui commence avec "l’Histoire de M. Jabot" - une satire des mœurs bourgeoises créée en 1831 par le suisse Rodolphe Toepffer -, pour finir avec la création contemporaine et de sublimes planches de Tardi. Entre les deux : Bécassine et les Pieds Nickelés, Superman et Batman, ou encore des exemplaires du journal burlesque américain "MAD" qui inspira "Pilote" puis "Fluide Glacial" et "L'Echo des savanes". Dans une salle annexe, une vingtaine de planches met en évidence la diversité des genres graphiques (le style "gros nez" typique de Disney ou la ligne claire que popularisa Hergé).

Les œuvres sont belles et l’on peut passer beaucoup de temps sur les vidéos du parcours et les albums en libre consultation. On reste malgré tout sur sa faim face à un parcours "light" qui comblera les néophytes mais sans doute pas les amateurs éclairés, empêchant de faire du musée le temple tant espéré du neuvième art. Déception d’autant plus grande que les archives renferment une collection riche de 8.000 planches et croquis.

Consolation : pour protéger les œuvres de la lumière, l’accrochage sera intégralement renouvelé tous les quatre mois. Soit trois expositions inédites par an.

 

A consulter : www.citebd.org

A lire : "La bande dessinée, son histoire et ses maîtres", (456 pages, 49 euros) et "Le petit catalogue du musée de la bande dessinée" (120 pages, 18 euros) aux éditions Skira-Flammarion.

Olivier Le Floc'h

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