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Sons et lumières pour Miles à la Villette

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La Cité de la musique dédie à Miles Davis sa première exposition sur un jazzman. Un hommage tout en musique pour le trompettiste-star, adulé par Paris dès 1949.

JAZZ-Miles

Vingt-huit ans après, Miles Davis revit et revient à Paris. A quelques encâblures de la Grande Halle de La Villette, où l’ange noir de la trompette donna son dernier concert, le 10 juillet 1991, la Cité de la musique consacre une exposition encyclopédique au musicien "qui ne se retournait jamais sur son passé".

C’est bien ici un hommage qui est rendu à l’artiste aux multiples périodes : be-bop, cool, symphonique, modal, rock, électronique. Le parcours conçu par le commissaire de l’exposition, le journaliste Vincent Bessières, retrace, de manière chronologique 45 ans d’une carrière entamée dans un orchestre de Saint-Louis (Illinois) sa ville natale, à 17 ans. Avec de nombreux objets – dont sept trompettes du "maître" - et des documents inédits – lettres de (et à) ses producteurs, partitions annotées, films privés où l’on voit ainsi Miles s’entraîner à la boxe..

"We want Miles" ne dissimule rien de la vie trépidante du "Prince des Ténèbres", star planétaire, fan de mode et de bolides de course, même son passage à vide à la fin des années 70 ou son addiction à la drogue.

Mais le visiteur découvre – ou retrouve - surtout un artiste majeur grâce à la mise en valeur de ses œuvres, proposées par un double système d’écoute : de petits salons acoustiques où passent en boucle les grands titres de ses principales périodes et des prises personnelles (système "plug and play") avec un casque (le sien ou celui prêté par le musée) pour d’autres morceaux. Et pour couronner cette fête sonore: la diffusion sur grand écran du festival de l’Ile Wight en 1968, grande fête de l’ère psychédélique, et de son dernier concert à La Villette, quelques semaines avant sa disparition le 28 septembre à Los Angeles.

Miles a en effet toujours été adulé à Paris. Les magazines spécialisés lui consacraient déjà des articles avant son premier concert à la salle Pleyel en 1949… et son coup de foudre pour Juliette Gréco. Huit ans plus tard, il est au sommet de son art quand il enregistre la musique d’Ascenseur pour l’échafaud pour Louis Malle. Ces deux évènements figurent parmi les temps forts d’une exposition qui met en lumière, sans aucun pédantisme, le talent révolutionnaire d’un musicien de légende. Ne suffit-il pas de citer son prénom, Miles, pour le situer ?

 

"We want Miles". Miles Davis : le jazz face à sa légende. Musée de la musique à la Cité de la musique (75019). 16 octobre-17 janvier 2010 (sauf lundi) www.citedelamusique.fr - Catalogue de l’exposition réalisé par Vincent Bessières avec Franck Bergerot . Ed.Textuel/Cité de la Musique. 224 pages. 39 euros. On lira aussi "Miles Davis. 80 musiciens de jazz témoignent", par Franck Médioni (Ed.Actes Sud). De nombreux concerts sont prévus avec notamment plusieurs de ses "compagnons" de scène, Wayne Shorter, Jimmy Cobb, Jack DeJohnette, Marcus Miller, Dave Liebman…. Cité de la Musique, du 27 octobre au 2 novembre, et les 18 et 19 décembre ; Salle Pleyel, Tribute to Miles 29 octobre et Marcus Miller 21 décembre. A cette occasion, Sony-Columbia, qui détient la quasi-totalité du catalogue de Miles, sort une compilation "We want Miles", 2D retraçant sa carrière et proposera en novembre un coffret de l’intégrale en 70 CD "The complete Columbia Album Collection".

Jean-Louis Lemarchand

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