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http://www.latribune.fr/loisirs/expositions/20100218trib000477672/les-coupes-colles-d-erro.html

De son vrai nom Gudmundur Gudmundsson, Errô, né en 1932 en Islande, est un artiste mondialement reconnu, membre éminent du mouvement de la "figuration narrative", des années 1960-80, avec, contrairement à ses acolytes souvent très réalistes (tels Aillaud, Adami, Fromanger ,Klasen ou
Rancillac) ou ironiques (Arroyo, Monory ou Saul) un net penchant pour le surréalisme tendance Dada.
Il commence en 1958 une première série de collages, agrémentés de dessins, détourages et traits soulignants des effets volontairement provocateurs, une oeuvre qu'il ne cesse depuis de poursuivre, à tel point que ces collages deviennent la base de ses peintures. Pour cela, il utilise un appareil de projection par réflexion: ces collages sont donc à la fois une oeuvre artistique unique et l'esquisse de tableaux à la dimension souvent imposante.
N'utilisant que des des illustrations photomécaniques issues de journaux, comics, livres, catalogues, il effectue avec méticulosité un travail engagé, faisant souvent allusion aux grands événements mondiaux, guerre du Viet-nam, Chine maoïste, conquête spatiale, société de consommation,... Avec la découpe de reproductions de peintures muséales (Gréco, Picasso) mêlées à des coupures de bandes dessinées (souvent "made in USA"), d'affiches de propagande (essentiellement chinoises) ou de revues techniques (il s'est procuré des kilos d'anciens numéros de L'Usine nouvelle), il met en scène, de manière caricaturale, son propre monde, coloré, critique, inquiétant, agressif, ironique, érotique, jubilatoire.
Grâce à une exceptionnelle donation par l'artiste de 65 collages étalés sur une cinquantaine d'années, l'exposition du Centre Pompidou permet de faire découvrir au grand public un artiste pas aussi facile d'accès qu'on l'imagine, et notamment son travail original, que les initiés ont déjà mis en valeur: les oeuvres d'Errô ne cessent de voir leurs prix grimper, grimper... dans une offre opportunément devenue pléthorique, pas seulement pour la peinture, mais aussi, désormais, nombre de lithographies, tôles émaillées et sculptures en plusieurs exemplaires, plus accessibles.
Jusqu'au 24 mai, Beaubourg, Paris, Centre Pompidou, niveau 4, renseignements: www.centrepompidou.fr
Jérôme Stern
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koko a écrit le 18/02/2010 à 18:57 :
alors si cet islandais trouve un matériau digne de création dans "l'usine nouvelle", voilà qui mérite bien le terme de recyclage pour une revue des plus pointues, ancienne gloire de la presse économique et industrieuse. a quand le même sort pour la tribune ? une idée pour un mécène et industriel (il en est des brillants ...).
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