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http://www.latribune.fr/loisirs/expositions/20100303trib000483473/munch-l-anti-cri.html

Le titre de l'exposition est son programme: "Edvard Munch ou l'anti Cri". Autrement dit, le dynamique directeur de la Pinacothèque de Paris, Marc Restellini a voulu présenter le peintre norvégien (1863-1944) sous un jour différent, nettement moins connu, d'autant moins connu que la dernière exposition parisienne dédiée remonte à près de vingt ans.
Dans un parcours chronologique, ce sont plus de 170 oeuvres, la plupart en provenance de collections privées, qui sont ainsi déroulées, peintures et surtout gravures. Des oeuvres rarement montrées qui permettent de mieux cerner cet artiste qui aura travaillé plus de soixante ans, toujours de manière expérimentale, avec en permanence, une constante révolte artistique, en opposition avec les écoles de son temps (impressionnisme, fauvisme, symbolisme, abstraction) pour une oeuvre marquée par un évident désespoir, souligné par un aspect d'inachevé.
Cette impression d'esquisse, accentuée par une représentation de dos des personnages, déconcerte les critiques: sa première grande exposition à Berlin en 1892 est fermée à peine quelques jours après son ouverture. Une autre de ses techniques déroute les initiés: il expose ses peintures aux intempéries de manière à accélérer son vieillissement et à introduire le facteur temporel dans son oeuvre: pour Munch, le délabrement fait partie d'un monde forcément éphémère. La grande guerre passée, il se réfugie dans la solitude et cet isolement caractérise les dernières oeuvres d'un peintre qui s'est volontairement marginalisé.
Cette exposition originale (mais moins grand public que la précédente, 700.000 visiteurs pour l'"Age d'or hollandais") aux salles biscornues mais aux cartels explicites est très instructive: elle permet de mieux cerner le travail expérimental d'un artiste qui a utilisé les nouvelles techniques d'alors, photo et cinéma, une sorte d'avant-garde de son temps. Autre aspect méconnu, son travail, incessant voire obsessionnel, de la gravure. Reste que l'oeuvre majeure de Munch demeure inconsciemment en filigrane: pour voir "Le Cri" (ou ses déclinaisons), il faut se rendre à Oslo au Musée Munch où il a retrouvé sa place en mai 2008 après avoir été volé en 2004.
A noter une première technologique: il est possible de télécharger sur Iphone ou Ipod touch le guide de visite de l'exposition, avec un portrait d'Edvard Munch et une sélection commentée de 49 oeuvres.
Jusqu'au 18 juillet, Pinacothèque de Paris, place de la Madeleine, renseignements: www.pinacotheque.com
Jérôme Stern
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koko a écrit le 04/03/2010 à 14:03 :
bien vu et analysé. partage ce point de vue à une exception près, le titre de l'expo, "l'anti cri" volontairement (?) racoleur. munch n'a pas besoin de cette publicité et son oeuvre s'inscrit bien dans la droite ligne de son tableau le plus célèbre.
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