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C'est le Pérou

Source : La Tribune.fr - 10/09/2010 | 14:37 - 454 mots  | 
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C'est le Pérou

Intitulée "l'Or des Incas", l'exposition proposée par la Pinacothèque de Paris met en valeur nombre d'objets de civilisations andines de grande qualité. A découvrir: avec minutie, mais aussi patience.

Lorsque les Conquistadors envahissent en 1532 la région des Andes, entre Equateur et Chili, ils découvrent une civilisation dont beaucoup de croyances reposent sur le pouvoir des métaux précieux, l'or en particulier. De là sont nés le mythe de l'Eldorado et l'expression "c'est le Pérou" qui perdurent encore.
Les Incas, aux origines toujours obscures, ont entamé une série de conquètes donnant à leur territoire un espace immense, mais, même s'ils demeurent les plus connus et les plus étudiés, n'ont dominé qu'un long siècle (1400-1533) les Andes, une dizaine de civilisations ayant marqué de leurs art et technique cette partie d'Amérique du Sud avant eux.

En montrant, avec le soutien de neuf musées péruviens et cinq européens 278 objets de très grande qualité, la Pinacothèque de Paris entend aider à la meilleure connaissance de ces civilisations disparues, avec un thème commun, le lien que ces populations préhispaniques attachaient aux métaux précieux, métaux que l'on exploite encore de nos jours, mais sans plus d' autre religion que financière. L'or ou "la sueur du soleil" et l'argent ou "la larme de la lune" sont les principaux symboles de la représentation divine, une religion basée sur le culte du soleil enrichi d'autres cultes basés sur la nature, les étoiles, la terre, la foudre, l'eau,... Avec à chaque cérémonie, un rituel grandiose fait notamment d'offrandes, voire de sacrifices humains, dans des tenues d'apparat éclatantes.

En trois grandes parties, l'art général, le travail des métaux et les rituels, l'exposition déroule une quantité importante d'objets à la fois éthnologiques et esthétiques, parfois simples, souvent sophistiqués. On notera, notamment, un monolithe Recuay, une jarre antropomorphe Chancay, une figurine Inca, un coupe-grelot Chimu, un collier Mochica, des gobelets Sican, et, dernier lot avant la sortie, une momie Ica-Chincha sans oublier une superbe sculpture antropomorphe Chimu hélas dissimulée derrière un poteau.

Car c'est là la problématique de l'exposition : les objets, presque tous remarquables, sont présentés dans des vitrines assez peu commodes d'accès, d'autant que plusieurs cartels explicatifs sont éloignés et que le lieu, par sa conformation biscornue (deux étages, des couloirs, des marches et des recoins) ne se prête guère aux visites de grands groupes. Or la Pinacothèque étant un musée privé, sa survie financière passe par le plus de visiteurs possible: on a du mal à imaginer la foule attendue se délecter de ces pièces préhispaniques, souvent de petite taille et d'une approche complexe.

Il n'empêche: si les amateurs se souviennent d'une encore plus riche exposition "l'Art des Chavin aux Incas" au printemps 2006 au Petit Palais, c'est là une très belle occasion de (re)découvrir la virtuosité de ces peuples et de mieux appréhender des civilisations dont on continue de percer les mystères.

Jusqu'au 6 février 2010, Pinacothèque de Paris, 28 place de la Madeleine, renseignements: www.pinacotheque.com

Jérôme Stern - 10/09/2010, 14:37  | 
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