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Faïence italienne - 24/10/2011 | 15:21 - 558 mots

Jolies Majoliques

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La faïence italienne du XVIème siècle présente de riches décors inspirés par l'Antiquité. Avec couleurs et luminosité. Une exposition unique qui découvrir dans le superbe musée de la Renaissance à Ecouen (Val d'Oise).

La majolique est une faïence à la pâte argileuse, poreuse et tendre de teinte rose-ocre recouverte d'un émail redevenue opaque et blanche grâce à la présence d'oxyde d'étain. Elle était très en vogue en Italie au début du XVIème siècle. Curieusement son nom vient d'une production du port de Mallorca de Majorque alors que celui de faïence vient de la ville du Nord de l'Italie, Faenza: majolique est le terme utilisé en France pour désigner la céramique de la Renaissance italienne.

La maîtrise de cette technique complexe, qui était déjà utilisée en Perse ou en Afrique du nord, a été acquise en Italie dès la seconde moitié du XVe siècle, a suscité l'installation de centres de production en Ombrie, Émilie ou Toscane, et, surtout, a donné naissance à des dynasties de peintres spécialisés. Les plats, assiettes, coupes, aiguières et autres vases de pharmacie n'ont d'autre usage que d'être une vaisselle d'apparat exposée dans les salles à manger et de réception de leurs riches commanditaires, à coté de l'argenterie.

Formes et décors font la différence. On trouve ainsi les a trofei avec des trophées ; a candelieri avec un côté identique à l'autre ; a quartieri à la aux fonds de couleurs alternées; a compendiario avec un blanc laiteux de l'émail ; a fiamma aux motifs de striures parallèles ; a frutti et a foglie à fruits et à feuilles ; à grotesques et ses chimères ; a raffaelesche inspirés d'un décor créé par Raphaël ...

La technique des majoliques influence le goût italien, au point que les artisans locaux fabriquent eux-mêmes des pièces lustrées dès 1480: le procédé est copié à Florence où il est appliqué en architecture avec des sculptures religieuses en bas-relief. On trouve des majoliques produites à Sienne, Urbino, Forli, Gafaggiolo, Gubbio, Faenza. Ces objets caractéristiques d'une époque humaniste traversent avec succès les Alpes et un siècle plus tard, souvent sous la direction d'artistes venus d'Italie, plusieurs manufactures ouvrent leurs portes en Europe, Nevers, Rouen, Moustiers, Delft, Anvers, mais la production n'est plus la même.

L'exposition présentée au trop méconnu Musée de la Renaissance d'Ecouen (Val d'Oise), une première organisée en France sur cette thématique, met en avant une grosse centaine d'oeuvres de grande qualité, selon plusieurs sections bien marquées. La première fait découvrir les décors souvent extravagants, la seconde met l'accent sur le travail des artistes, la troisième traite des figures historiques, vraies ou idéalisées, la dernière, la plus notable, est dédiée aux thèmes religieux et humanistes. Car la majolique figurative et narrative a eu comme fonction, outre de montrer la richesse et la culture de ses propriétaires, d'alimenter les conversations.

Les plus belles pièces ont des décors particulièrement riches qu'il faut détailler en prenant son temps, le travail des artistes étant très délicat: la majolique doit être parfaite car la glaçure sur laquelle le peintre a dessiné absorbe les colorants. Et pas question de rattraper les erreurs, d'autant que la cuisson au grand feu reste complexe, avec parfois jusqu'à trois cuissons.

Cette unique exposition n'est pas seulement destinée aux amateurs de céramiques anciennes : située dans un contexte historique précis, grâce aux nombreuses explications et à la présentation agréable des pièces, elle permet au visiteur moins averti d'être, lui aussi, initié à cet art très particulier. A découvrir, pourquoi pas en famille.

Jusqu'au 6 février, Musée de la Renaissance, 95 Château d'Ecoeun, renseignements: www.musee-renaissance.fr Catalogue détaillé, 200 pages, 39 euros.

Jérome Stern - 24/10/2011, 15:21  | 
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