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Loisirs / Festival de Cannes 2009

Vu à cannes

Ang Lee nous entraîne à Woodstock pour le meilleur et pour le rire

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Avec "Taking Woodstock", le réalisateur taïwanais réussit une comédie hilarante avec le festival pour toile de fond.

Taking Woodstock d'Ang Lee

Cet homme là est capable de tout faire. Et de surprendre à chaque fois là où on ne l’attend pas. Au cours de ces cinq dernières années, le taïwanais Ang Lee, désormais installé à Hollywood, s’est attaqué à un super héros (Hulk), il a signé une comédie dramatique aussi forte que subtile (Brokeback Mountain) avant de se lancer dans un film historico-érotique (Lust Caution). Et de réussir aujourd’hui avec "Taking Woodstock", présenté hier en compétition, une comédie hilarante portée par un sens de l’humour… juif des plus corrosif.

Dans sa ligne de mire: les Catskill, cette région aux portes de New York où la moyenne bourgeoisie juive avait l’habitude de passer ses vacances. Les Teichberg y ont installé un motel déglingué, tellement déficitaire qu’il a été hypothéqué par leur banque. Leur fils Elliot se dépense pourtant sans compter pour faire vivre les lieux. En cet été 1969 dominé par le Power Flower, il a même invité une troupe de théâtre alternative pour attirer du monde. Mais rien à faire. Aussi, lorsqu’il entend que le village voisin a décidé d’annuler un festival de musique programment les plus grandes stars du moment, il propose aux organisateurs de déplacer l’événement aux portes de chez lui. Et voilà les Teichberg envahi par un monde à mille milles du leur, dont il ne soupçonnait pas l’existence. Il y a ici quelque chose de jubilatoire. A commencer par la manière de traiter Woodstock, dont on fêtera cet été le quarantième anniversaire. Le concert n’est jamais montré, toujours suggéré. Et l’on comprend très vite la machine financière qu’il y avait derrière.
 

Ang Lee brosse également un portrait percutant de l’Amérique de ces années-là, écartelée entre deux générations qui ne se comprennent plus. Celle des parents qui a connu la guerre. Et celle de leurs enfants, baby-boomers, marqués par la guerre du Vietnam dont ils ont compris qu’elle n’était pas la leur. Mais c’est surtout le portrait des Teichberg, totalement dépassés par les évènements, qu’Ang Lee réussit le mieux. Et c’est tordant.
 

Sortie en salles le 9 septembre 2009

Yasmine Youssi à Cannes.

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