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http://www.latribune.fr/loisirs/festival-de-cannes-2009/20090521trib000379027/michael-haneke-accroche-le-ruban-blanc-au-palmares-de-cannes.html
La Tribune.fr - 21/05/2009 Ã 11:51 - 274 mots
Certains y voient déjà la palme d’or. Les autres continuent d’espérer que "Le prophète" de Jacques Audiard aura su toucher le jury. Reste que "Le ruban blanc", de Michael Haneke, répond parfaitement à la définition du cinéma donnée par Isabelle Huppert lors de l’ouverture du festival : "un regard sur le monde et un projet esthétique".
Pour cette fois, le réalisateur autrichien a abandonné la couleur au profit du noir et blanc et planté sa caméra dans un petit village protestant d’Allemagne du Nord en 1913. Le baron local y règne en maître entouré de notables et d’une armée de paysans travaillant sur son domaine. Rien que de très normal en ces années-là. Sauf qu’en cette veille de première guerre mondiale, d’étranges accidents se produisent. Ainsi, un piège a été tendu au médecin ce qui l’a directement envoyé à l’hôpital. Le fils du baron a été rossé jusqu’au sang. Et celui de la sage-femme pas mieux traité.
Michael Hanneke donne une vision glaçante de l’Allemagne de ces années-là. Car il suinte de ce village une violence et un sadisme des plus terrifiants. En témoigne la manière dont les parents élèvent leurs enfants qu’ils n’hésitent pas à fouetter, voire à violer. Or, ce sont ces gamins faussement angéliques qui auront 20 ans en 1933 et composeront les forces vives du IIIème Reich. Et c’est là toute la force de Haneke, parler indirectement du nazisme, de ses germes au sein de la société allemande.
Le réalisateur est parvenu à trouver la bonne distance pour raconter tout cela. Il réussit des plans magnifiques du village et de la campagne, qui contrastent avec l’horreur de cette société dénoncée par le film.
Yasmine Youssi, à Cannes
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