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http://www.latribune.fr/loisirs/influences/special-chasse/20100308trib000485481/la-carabine-dame-le-pion-au-fusil-.html

Fusil ou carabine, que choisir ? Depuis la fin des années 80 et l'engouement croissant pour le grand gibier, les chasseurs français privilégient cette dernière, en raison de sa précision et de sa portée supérieures. Trois nouvelles tendances la caractérisent : le recours aux matériaux composites, la décoration camouflage à motifs « nature » et l'apparition de l'orange fluorescent.
Traditionnellement, le bois constitue la matière fétiche pour la crosse et le devant de l'arme. En 1959, l'américain Remington lance une crosse en nylon mais cette tentative se solde par un échec. Le stéphanois Manufrance reprend l'idée en 1971 en fabriquant une crosse en plastique très rigide, imitant le bois. L'innovation ne séduira qu'en 1986 avec les modèles revêtus de noir ou de motifs camouflage du finlandais Sako et de l'américain Weatherby. Aujourd'hui, ils représentent environ 25 % du marché des carabines et 5 % de celui des fusils. « Les composites devraient continuer à se répandre, ils coûtent moins cher que le bois, sont plus solides et nécessitent moins d'entretien, prévoit Francis Grange, journaliste au « Chasseur français ». Le synthétique permet en outre de créer de nouvelles formes, aux lignes acérées, plus vives et agressives. »
Le fluo orange, gage de sécurité
La qualité du travail manuel se révèle également déterminante pour les chasseurs. La facture des armes est en effet historiquement liée à l'artisanat de grand luxe. En témoignent, dans les années 90, les rachats du britannique Holland&Holland par Chanel et d'un autre britannique, Purdey, par le groupe Richemont, (Vacheron Constantin, Alfred Dunhill, Van Cleef & Arpels...).
Si les armes de luxe restent « ultra classiques », avec leur gravure sur métal, leurs inserts et motifs dorés à l'or fin, les armes industrielles positionnées en milieu de gamme ont connu davantage de nouveautés côté décoration. Ainsi, le camouflage « nature » fait d'un pelliculage imprimé de motifs imitant brindilles et branches, à la manière d'un trompe-l'oeil, habille désormais plus d'une carabine.
Invisible pour les animaux, la couleur fluorescente orange a également fait son apparition sur les armes. Pour Francis Grange, « cela donne lieu à de curieux télescopages, comme le fluo camouflé. Cette tendance baroque possède cependant toute sa légitimité car elle offre plus de sécurité aux chasseurs traquant en solitaire ou dans des espaces encombrés ». Ces tendances se retrouvent dans les vêtements et accessoires de chasse, et sont à leur tour reprises par la mode grand public.
EMMANUELLE BAL (publi-éditorial)
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