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http://www.latribune.fr/loisirs/influences/special-chasse/20100309trib000485475/pierre-de-boisguilbert-la-venerie-une-chasse-ecologique-a-l-ethique-codifiee-.html

La chasse à courre véhicule une image « vieille France ». Quelle place occupe-t-elle aujourd'hui dans notre société ?
La France compte 1,35 million de chasseurs, un chiffre aujourd'hui stable après avoir subi une régression ces dernières années. La chasse à courre, au contraire, se développe depuis vingt ans, en particulier chez les femmes et les jeunes. On compte ainsi 420 équipages de vènerie répartis dans tout l'Hexagone : cerf, chevreuil, lapin, lièvre sanglier et renard. Plusieurs facteurs expliquent cet attrait. D'abord, c'est une activité entièrement naturelle, écologique, sans arme à feu ni assistance électronique. Ensuite, c'est un acte de chasse porteur de valeurs, dont l'éthique est stricte et codifiée. Enfin, qu'elle soit à cheval ou à pied, la vènerie exige un engagement physique important, ce qui attire les plus jeunes.
Les équipages ne sont-ils pas des cercles réservés à une certaine élite ?
Au contraire ! Faites le test. Demandez à assister à une chasse à courre et vous serez accueilli à bras ouverts. La vènerie est présente tout au long de l'intersaison, lors des fêtes de la chasse et de la nature comme le Game Fair à Chambord (du 19 au 21 juin), Nature et Vènerie en Fête à Fontainebleau (le 1er week-end de juin) ou encore la Fête de la chasse et de la pêche à Carrouges (le premier week-end d'août).
La vènerie se heurte pourtant à une farouche opposition...
C'est vrai et cela depuis toujours ! Pour certains, il ne s'agirait que d'une activité d'« aristo » qui n'a pas sa place au XXIe siècle. En réalité, elle représente toutes les classes sociales sans exception, c'est ce qu'ont remarquablement démontré dans « La chasse à courre, ses rites et ses enjeux » les sociologues du CNRS, Michel Pinçon et Monique Pinçon- Charlot. Pour d'autres, comme les associations de protection des animaux, nous serions cruels car nous stressons les animaux. Or, la condition même de la survie dans le monde sauvage, c'est l'état de stress permanent. Notez enfin qu'un équipage ne « prend » qu'une fois sur trois en moyenne.
PROPOS RECUEILLIS PAR ALICE FRAVAL (publi-éditorial)
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