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La Tribune.fr - 25/03/2009 Ã 17:04 - 249 mots

"A partir de quand et de quoi peut-on se refuser à appeler maison un ensemble clos de murs, sols et plafonds ?" Partant de cette interrogation, Joy Sorman, la fille de Guy, l’essayiste, a écrit treize histoires, originales et amusantes pour la plupart. Treize histoires de maisons, ou plutôt d’habitations au sens large. Que ce soit une maison de papier, un mobile home, une capsule dans une tour, un squat, une salle de bureau ou une cabane, cette trentenaire envisage toutes sortes de vies dans un lieu clos.
Loin de se cantonner à écrire sur les bourgeois de la rive gauche et de considérer que le rêve, c’est "la famille dans la maison sur le terrain", Joy Sorman pense aux SDF et aux clandestins. Pour ce faire, elle introduit du document dans sa fiction et n’hésite pas à parler de la fermeture de Sangatte ou des opérations des Enfants de Don Quichotte.
Trois de ces "nouvelles" sont consacrées à des personnes réelles (l’écrivaine et prostituée Grisélidis Real, le plasticien Jean-Pierre Raynaud et l’artiste contemporain Gordon Matta-Clark) et révèlent donc une part inconnue (puisque romancée) de leur vie.
Ces récits parleront cependant davantage aux Parisiens. En effet, de nombreuses références aux lieux de la Ville lumière, comme le Centre Georges Pompidou, les Halles et des stations de métro, parsèment l’ouvrage. Parfois, un lexique de l’architecture et de l’ouvrier en bâtiment vient obscurcir le propos. Mais c’est drôle, loufoque et donc plaisant.
"Gros Œuvre", de Joy Sorman, 192 pages, éditions Gallimard, 15,50 euros.
Pierre Castel
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