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La Tribune.fr - 25/05/2009 Ã 19:04 - 345 mots

Il aura fallu que Tom Cruise la porte récemment sur le grand écran pour que l’histoire mouvementée et tragique du colonel Claus von Stauffenberg ressorte enfin de l’ombre. Dans son dernier ouvrage, l’historien Jean Louis Thiériot retrace la trajectoire de cet aristocrate qui est désormais est le symbole d’une Allemagne qui a tenté de dire non au nazisme, une fois convaincue de son erreur terrible. Comment ? En tentant avec la complicité de son frère et de quelques officiers de haut rang de l’armée de terre allemande, de renverser et d’assassiner Adolf Hitler en juillet 44.
Cavalier émérite, poète raffiné, Claus von Stauffenberg choisit très tôt la carrière militaire malgré une santé plutôt faible. Assoiffé de revanche comme la plupart des membres de cette génération qui dénonce l’injustice du traité de Versailles – le fameux Diktat – qui accabla l’Allemagne, il se laisse embarquer dans l’aventure hitlérienne. Peu importe la manière et les arguments employés par le nouveau maître de l’Allemagne: le Reich doit retrouver sa grandeur, à n’importe quel prix.
Après avoir participé à la campagne de Pologne puis d’Afrique en faisant des merveilles par ses talents d’organisation, le colonel Claus von Stauffenberg est écarté des zones de combats après plusieurs blessures graves. Devenu membre de la garde rapprochée du führer, il aura avec ses complices plusieurs fois l’occasion d’attenter aux jours du dictateur.
Las de voir les tentatives d’assassinat avorter, soucieux d’empêcher la destruction totale de son pays menacés à l’ouest par les forces anglo-américaines et à l’Est par l’URSS, il prendra finalement la responsabilité de faire sauter le quartier général d’Hitler. L’attentat ayant échoué, les conspirateurs seront arrêtés, torturés et assassinés. Fusillé très rapidement après son arrestation, Claus von Stauffenberg sera l’un des très rares à échapper aux séances de tortures.
Très détaillé, l’ouvrage de Jean-Louis Thiériot décrit avec force précision le parcours militaire et idéologique du colonel von Stauffenberg. Palpitant, le récit des assassinats avortés tient le lecteur en haleine. Et laisse un goût amer si l’on songe aux millions de morts qu’un putsch réussi aurait épargné.
Stauffenberg de Jean-Louis Thiériot, Editions Perrin, 19,90 euros.
Fabien Piliu
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