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L'épopée Attila

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Surnommé "le fléau de Dieu", le chef des Huns est considéré comme le modèle du barbare sauvage et sanguinaire. La réalité est toute autre. Ce livre d'histoire se lit comme un roman, un formidable roman d'aventures.

Attila, chez Fayard couverture

Pour nous autres, occidentaux, Attila est d'abord connu pour être un barbare particulièrement sauvage s'attaquant sans merci à la civilisation occidentale, que seule une ultime intervention du Pape aux portes de Rome assiégée a pu raisonner. Si le roi des Huns, qui a succédé en l'an 445 à son frère Bleda, grand soldat d'un immense empire qui s'étend de la muraille de Chine aux rives du Danube, est un vaillant combattant, c'est aussi un homme raffiné et un brillant stratège tant militaire que politique.

En 451 il franchit le Rhin et envahit la Gaule pour "tondre le mouton romain" et rapidement parvient à encercler Rome, après la prise de plusieurs villes italiennes. En 453, retiré en Pannonie (aujourd'hui une partie de la Hongrie et de la Croatie), il meurt dans d'étranges conditions lors d'un festin organisé pour ses noces avec sa nouvelle épouse, tout juste sortie de son propre harem.

Certes, Attila aimait la guerre et laissait ses troupes, bigarrées et cosmopolites piller et saccager à volonté, mais c'était avant tout pour mieux affirmer la justesse de sa stratégie et son goût immodéré du pouvoir. Cultivé - il parlait le latin -, il a imposé à sa cour des manières venues de plusieurs civilisations occidentales, notamment germaniques. Cette facette du personnage est assez méconnue.

L'auteur, Michel Rouche, spécialiste du Haut Moyen-Age (son "Clovis", toujours chez Fayard, fait référence) a réussi ici le tour de force de ne pas avoir rédigé une biographie universitaire, mais d'amener le lecteur par son écriture limpide et fort documentée, dans une épopée historique digne d'un grand roman d'aventures.

 

"Attila" par Michel Rouche, Fayard, 515 pages, 26 euros

Jérôme Stern

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