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Le roman du New York des années 1970, selon Colum McCann

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L'écrivain irlandais Colum McCann signe un roman vertigineux sur le New York des années 1970.

Et que le vaste monde...

New York le 7 août 1974. Alors que le World Trade Center tout juste construit s’attire les foudres des habitants de la ville, un homme venu de nul part parvient à déjouer la sécurité des bâtiments et à tendre un filin entre les deux tours avant de s’élancer au dessus du vide. De quoi arrêter le temps pour les milliers de new-yorkais présents ce jour-là dans les parages. Pauvres, riches, américains ou immigrés, chômeurs, clochards ou salariés retiennent leur souffle, hypnotisés par Philippe Petit, cet extraordinaire funambule devenu célèbre depuis. Partant de cette traversée du ciel, l’écrivain irlandais Colum McCann construit, avec "Et que le vaste monde poursuive sa course folle", un roman vertigineux tant sur la forme que sur le fond, à l’image de l’événement.

Nous sommes donc au mitan des années 1970. L’Amérique de Nixon espère bientôt sortir de la guerre du Vietnam. Dans la Grosse Pomme règne encore le chaos. C’est pourtant là, dans les entrailles du Bronx qu’a choisi de vivre Corrigan, un prêtre irlandais, décidé à venir à l’aide des prostituées qui tapinent en bas de chez lui. Dans les beaux quartiers, une mère orpheline de son fils mort à la guerre, essaye de trouver du réconfort auprès d’un groupe composé de femmes dans la même situation, tandis que son mari juge les affaires courantes dans le sud de la cité. Il y a aussi ces deux artistes contemporains qui tentent de refaire surface et une flopée d’autres personnages. Tous sont à l’image de Petit, au bord du gouffre. Sauvés par une humanité que leur donne Colum MacCann, ils ne vont cesser de se frôler, de se croiser tout au long du roman.

On est d’emblée saisi par l’écriture de l’auteur, servie par une excellente traduction. Ses phrases brèves claquent comme les pièces d’un puzzle qu’on abat pour former au final un tableau dont la force irradie le lecteur. MacCann trouve pour chacun des personnages une voix différente qui compose au final la symphonie de New York. Car c’est finalement elle le personnage principal de ce roman. Cette cité à nulle autre pareille qui "ne s’intéressait pas à l’histoire (…) se foutait de son rang (…) allait constamment de l’avant". Et dont le chaos ce jour-là donnait presque un avant-goût de ce qui allait se passer le 11 septembre.

 

"Et que le vaste monde poursuive sa course folle", de Colum MacCann - Editions Belfond, 448 pages, 22 euros.

Yasmine Youssi

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