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Lorsqu'Alma revient enfin rendre visite à sa famille, c'est toute auréolée de son étiquette de femme libérée, indépendante et volontaire. De quoi étonner en ce début de XXe siècle et susciter l'admiration de sa nièce Séraphine. Mais les retrouvailles tournent court. En cause, le vol de trois tableaux de famille, sans valeur apparente. L'inspecteur Leblanc, superstitieux et tenace, s'empare alors de l'affaire.
« Chambre obscure », dont le second tome vient de paraître, sent bon l'atmosphère des Arsène Lupin et autres Rouletabille, avec des énigmes et des retournements de situation à foison. L'ensemble donne une enquête dans la plus pure tradition du genre qui est loin de démériter. Si les personnages sont rendus attachants et consistants grâce à la lente mise en place du premier tome, on regrette que le rythme s'accélère brutalement dans le second pour terminer dans le nombre de pages imposé. Un troisième tome - ou une meilleure répartition entre le premier et le second - aurait permis de moins ressentir ce besoin d'urgence.
Côté dessin, le trait expressionniste et quasi-caricatural et les cadrages osés de Cyril Bonin risquent de dérouter les lecteurs peu assidus de BD qui préfèrent le style plus classique. Pour les autres, c'est un régal. Chaque case, chaque personnage, chaque décor est en mouvement. Cette BD mériterait une édition en noir & blanc pour apprécier pleinement la force du dessin.
Pour sa première apparition au scénario, Cyril Bonin n'a, en tous cas, pas à rougir de la comparaison avec sa précédente série (« Fog », plus proche de Sherlock Holmes), dont il signait seulement le dessin.
« Chambre Obscure » de Cyril Bonin, tome 1 et 2 (histoire complète), éditions Dargaud.
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