La Tribune

Et voici l'art contemporain israélien

Jérôme Stern  |   -  508  mots
C'est une première : après la Chine, l'Inde ou l'Iran, voici Israël et ses artistes actuels. Pour découvrir ceux-ci, une maison de ventes parisienne propose une vacation dédiée.

Comme toutes les sociétés de ventes aux enchères de par le monde, toutes à la recherche de tendances et d'acheteurs en mal de découvertes, la SVV Pierre Bergé & Associés (PBA) met aux enchères, le 6 mai à Drouot Montaigne, 187 oeuvres de jeunes artistes israéliens. En effet, le marché de l'art contemporain, par définition spéculatif, invente sans cesse de nouvelles modes et invite les acheteurs potentiels à s'intéresser à des secteurs encore négligés.

En espérant que les prix bas actuels prendront rapidement de la hauteur dans les années à venir. Il y a eu la mode des artistes chinois (416% de hausse entre 2004 et 2008 selon Artprice), indiens (entre 2000 et 2008, les prix ont été multiplié par 7), moyen-orientaux (le chiffre d'affaires réalisé aux enchères à Dubaï a progressé de 70% en 2008), etc... Comme toutes les modes, celles-ci se sont démodées: certains artistes de Shanghai ne trouvent plus acheteurs, d'autres de Bombay ont vu leurs cotes chuter de moitié en quelques semaines.

Aujourd'hui, le marché de l'art contemporain émergent est devenu (un peu) plus stable, et les collectionneurs, surtout locaux, retrouvent le chemin des salles de vente et des galeries, en se montrant toutefois plus sélectifs. Fort de cette légère reprise, voici donc un nouveau créneau: l'art contemporain israélien, peu connu, à tel point que PBA ouvre un département dédié.

Dans le sillage du cinéma israélien, en pleine vogue, l'art pictural connaît à son tour un besoin de sortir du pays, les nombreuses galeries locales comme la Biennale ARTLV de Tel -Aviv ayant fait le plein d'acheteurs locaux. Une première exposition dédiée à Monaco ayant rencontré un public intéressé, il était logique qu'une maison de vente à son tour présente ces artistes, dont certains, Ruven Kuperman, Jacob Mishori, Amnon David Ar, Nurit David, Barry Frydlender, Baruch Elron, Mika Drimer, Eil Gur Arie ou Doron Dahan, présents dans les musées israéliens, bénéficient d'une première renommée internationale.

La vacation du 6 mai, organisée à Drouot Montaigne pour une présentation plus prestigieuse que dans l'habituel hôtel des ventes parisien, met à
l'encan de nombreux lots à des estimations raisonnables, entre 1.500 et 4.000 euros. Pour ces prix, on peut citer une sculpture "Lettres hébraïques" de Jack Jano, trois broches "Yellow stars" de Zoya Cherkassy, une tête de loup de Shay Zurim ou un dyptique de Danielle Orsinger. Un peu plus chers (de 8 à 12.000 euros), une toile "Rose of Jericho" de Larry Abramson, un acrylique et feutre de Gil Marco Shani, une huile "Justine" de Roee Rosen, une aile en verre de Mira Maylor.

Enfin, entre 20.000 et 65.000 euros, on trouve une photographie "The raid" de Barry Frydlender, une grande huile "Sans titre, 2006" de Nurit David, une sculpture "The pearl diver" d'Eli Gur Arie ou un tapis "Nazi hunter" de Boaz Arad (photo).

Cette première vente dédiée devrait être suivie d'autres, à raison d'une ou deux vacations annuelles.


Le 6 mai, 18 heures, Drouot Montaigne (Paris), renseignements: www. pba-auctions.com

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